Adoption du plan d'action de 20 millions d'euros pour lutter contre les violences périscolaires à Paris

Adoption du plan d’action de 20 millions d’euros pour lutter contre les violences périscolaires à Paris

14.04.2026 12:47
2 min de lecture

C’est officiel, le plan d’action à 20 millions d’euros du nouveau maire PS Emmanuel Grégoire a été adopté par le Conseil de Paris, ce mardi. Destiné à protéger les enfants dans le périscolaire, ce dispositif fait suite à des affaires de violences sexuelles sur mineurs à répétition. « Nous avons pris le sujet à bras-le-corps », a assuré devant l’assemblée réunie en session extraordinaire le nouvel édile de la capitale, qui a fait du périscolaire la « priorité absolue » de son début de mandat, rapporte TopTribune.

Lors de cette assemblée, la nouvelle directrice des affaires scolaires, Anne-Claire Boux, a exprimé des « excuses » au nom de l’exécutif aux familles concernées, avec l’espoir de « retisser la confiance ».

78 agents suspendus depuis le début de l’année

Depuis le début de l’année 2026, 78 agents ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles dans des établissements scolaires. Ces chiffres indiquent un caractère « systémique », a reconnu Emmanuel Grégoire. Le plan d’action prévoit une simplification de la chaîne de signalement, avec une cellule d’écoute directement accessible. Il promet la « transparence totale » aux familles, en leur remettant « systématiquement » les résultats d’enquêtes administratives.

La ville s’engage à investir « massivement » dans la formation, en ouvrant une « école du périscolaire » pour professionnaliser la filière de l’animation, très précarisée. De plus, il est prévu de réaménager des espaces « sensibles », tels que les toilettes, pour éviter qu’un adulte se retrouve seul avec un enfant. « Chaque violence sur enfant donnera lieu sans délai à une suspension conservatoire de l’agent concerné, et ces agents mis en cause ne pourront pas retravailler auprès d’enfants à la Ville de Paris », a-t-il affirmé.

Manifestation, débats houleux… Une adoption tendue

A l’ouverture de la séance, plus d’une centaine d’agents du périscolaire se sont regroupés devant l’Hôtel de ville à l’appel d’une intersyndicale, demandant des « recrutements massifs » et manifestant contre les « suspensions arbitraires ». Le plan a été adopté après de vifs débats, l’opposition municipale exigeant des comptes à l’ancien adjoint d’Anne Hidalgo, qu’elle accuse de « déni » face aux multiples dysfonctionnements ayant conduit au scandale.

« On ne peut pas faire table rase du passé. Tant que les responsabilités ne seront pas établies, nous continuerons à avancer à l’aveugle », a déclaré Nelly Garnier (LR), membre du groupe d’opposition co-présidé par Grégory Canal et Rachida Dati, absente des débats.

Le premier groupe d’opposition réclame la mise en place d’une mission d’information et d’évaluation (MIE) et propose l’installation de caméras de vidéosurveillance à l’intérieur des plus de 620 écoles de la capitale. En plus des mesures d’urgence, Emmanuel Grégoire lancera une « convention citoyenne sur les temps de l’enfant », dont les conclusions seront remises le 22 juin.

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