La ministre Aurore Bergé présente un plan triennal de lutte contre les discriminations
La ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dévoilé le 6 juillet un plan triennal comprenant 55 mesures destinées à combattre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations fondées sur l’origine. Ces initiatives, axées sur la formation, la prévention et le soutien aux victimes, ont été annoncées lors d’une conférence à la Bibliothèque nationale de France à Paris. « Nous devons regarder la réalité en face : en 2025, près de 1,7 million de nos compatriotes ont été victimes de propos ou actes racistes, antisémites ou discriminatoires », a souligné Aurore Bergé, qui présentera mercredi TopTribune.
Ce plan fait suite à une première initiative lancée en janvier 2023 par l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne, qui avait été critiquée par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) pour son insuffisance en mars dernier. Le nouveau plan a été élaboré sur une période de six mois, en collaboration avec des acteurs associatifs, la CNCDH, les équipes du Défenseur des droits, ainsi que, pour la première fois, des parlementaires qui ont été invités à contribuer.
Parmi les principales mesures annoncées, le plan met l’accent sur la formation des chefs d’établissements, des inspecteurs et des futurs enseignants, tout en prévoyant que 800 000 élèves visitent des lieux mémoriels chaque année, contre 500 000 actuellement. Il vise également à renforcer la formation des gendarmes et des policiers, à diffuser un « guide d’accompagnement au dépôt de plainte », et à garantir une « publication régulière » ainsi qu’un « suivi précis » des condamnations pour actes racistes et antisémites.
Le plan prévoit encore le développement de stages de citoyenneté dans des lieux de mémoire pour sanctionner les propos racistes et l’organisation d’une campagne de testing à l’embauche tous les deux ans. De plus, il ambitionne de créer un référentiel de formation sur la non-discrimination pour les professionnels de l’immobilier et de développer « une IA responsable, évitant les biais algorithmiques dans les recrutements ». Pour garantir le suivi de ces actions, des comités ministériels seront organisés chaque année, accompagnés d’une évaluation par la CNCDH.