Séparés par le Mur, deux zoos berlinois au cœur d’une rivalité idéologique
Le 28 septembre 2025, les zoos berlinois, le Zoologischer Garten et le Tierpark, sont le théâtre d’une rivalité historique commencée en 1955, illustrant les tensions entre l’Est et l’Ouest de Berlin, rapporte TopTribune.
Le Zoologischer Garten, ouvert en 1844, est l’un des plus anciens zoos au monde, se distinguant par ses spécimens rares et un afflux constant de visiteurs. En revanche, le Tierpark, créé après la séparation de Berlin en 1948, représente une approche communaliste et naturaliste, reflet de l’idéologie socialiste. Les visiteurs des deux zoos représentent deux visions opposées : le zoo de l’Ouest affiche la prospérité capitaliste, tandis que celui de l’Est véhicule des idéaux socialistes.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le zoo de Berlin subit de lourdes pertes : sur plus de 3 500 animaux, seuls 91 ont survécu. Parmi les miraculés figuraient l’hippopotame Knautschke et l’éléphant Siam, devenus des symboles de la renaissance berlinoise après les privations de la guerre. Dans le cadre du blocus de Berlin de 1948-1949, la population se mobilise pour nourrir Knautschke, soulignant l’importance des symboles dans la vie quotidienne.
Avec l’érection du mur de Berlin en 1961, la séparation des zoos se renforce. Le Tierpark tente de se faire un nom avec des dons d’animaux de pays alliés, tandis que le Zoologischer Garten fait appel à des mécènes du côté ouest. La rivalité entre les deux institutions devient alors emblématique des blocages idéologiques entre l’Occident et l’Orient, chaque zoo cherchant à démontrer la supériorité de son système. Cette course aux espèces et aux visiteurs mène à des tensions croissantes, entre enjeux politiques et économiques.
Le démantèlement du mur en 1989 permet aux deux zoos de collaborer pour la première fois, mettant un terme à des années de compétition acharnée. Aujourd’hui, ils partagent une direction commune et œuvrent ensemble pour la conservation et l’éducation, témoignant des changements significatifs survenus sur la scène politique de l’Allemagne. L’ours et l’aigle, symboles des deux idéologies, semblent désormais en paix.