Un capitaine de l'armée à Montauban condamné pour violences conjugales après une dispute avec son épouse

Un capitaine de l’armée à Montauban condamné pour violences conjugales après une dispute avec son épouse

04.11.2026 20:36
2 min de lecture

Patrick F., capitaine de 45 ans d’une garnison de Montauban, a comparu ce mardi 3 novembre 2026 devant le tribunal judiciaire, accusé de violences conjugales. Après une dispute alimentée par des soupçons de jalousie, il a donné deux coups de poing au crâne de son épouse. Détenu depuis le 10 octobre pour avoir enfreint son contrôle judiciaire, il a été condamné à 12 mois de prison avec sursis probatoire, interdisant tout contact avec sa femme et toute présence à son domicile. L’épouse, quant à elle, sera jugée le 11 décembre 2026 pour des violences infligées à son conjoint, rapporte TopTribune.

Dans le box du tribunal, Patrick F. s’exprime calmement, affirmant : « Je n’ai pas porté de coups, je voulais juste qu’elle arrête de me frapper. » Originaire de Cayenne, ce militaire au physique impressionnant n’est pas là pour honorer ses 24 années de service, mais pour répondre de ses actes sur sa compagne. Sous contrôle judiciaire depuis le 15 août, il devait comparaître avec elle le 11 décembre pour des violences réciproques. Cependant, sa violation de ce contrôle l’a conduit en détention provisoire.

Un téléphone, des toilettes fermées, un tournevis

La présidente, Madeline Royo, rappelle les faits, une lente descente aux enfers marquée par la jalousie et l’adultère. « Elle a pris votre téléphone pour en voir le contenu et elle s’est enfermée dans les toilettes », résume la juge. Dans un accès de colère, Patrick a utilisé un tournevis pour forcer la serrure, puis a exercé une clé de bras sur son épouse pour récupérer son mobile. La dispute s’est intensifiée, culminant avec deux violents coups au crâne de la mère de trois enfants, provoquant une blessure saignante de 5 cm et 9 jours d’incapacité totale au travail, comme l’a précisé la juge, en insistant sur la présence de leurs enfants, dont un de 2 ans. Patrick a soutenu avoir immédiatement soigné sa compagne après l’incident.

Une chambre à la caserne Guibert

Interrogé sur son retour au domicile conjugal malgré sa résidence à la caserne Guibert, il justifie son acte par un désir d’aider sa famille. « Ma présence a fait l’effet inverse », reconnaît-il, tout en assurant qu’il essayait d’être plus présent. La juge lui rappelle que cette violation du contrôle judiciaire a directement entraîné son incarcération.

« Cela fait 22 ans que je le subis »

Proche de son fils, la victime exprime une autre perspective : « Je voudrais qu’il cesse son emprise, que cela s’arrête. » Elle révèle avoir subi cette situation depuis 22 ans et avoir peur de lui. Me Jérémie Gloriès, avocat de la plaignante, souligne la gravité de la situation en affirmant que « maintenant, elle veut divorcer ». Patrick acquiesce, visiblement affecté.

La vice-procureure, Lucile Moutier, n’a pas ménagé Patrick, lui reprochant d’être un modèle de force mal placé pour un militaire. Elle a réclamé une peine de 15 mois, dont 6 avec sursis, ainsi qu’une inscription au casier judiciaire, soulignant que cela le disqualifierait pour sa carrière militaire. « Il ne doit pas regagner les rangs de l’armée », déclare-t-elle, provoquant une réaction visible chez l’accusé.

« Ce n’est pas un bourrin »

La défense de Patrick F. tente de renverser la narrative, Me Rachel Lheureux affirmant que la version de la victime ne tient pas la route et qu’elle a aussi agi avec violence. « Elle alimente le conflit », insiste-t-elle. Elle demande une issue favorable pour son client, insistant sur le fait qu’il n’est pas un « monstre domestique ».

Finalement, le tribunal condamne Patrick à 12 mois de prison avec sursis probatoire, lui interdisant tout contact avec sa femme et demandant un stage à ses frais. Il devra aussi verser 1 500 € de dommages et intérêts à son épouse.

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