Le projet d’arc de triomphe proposé par Donald Trump à Washington est confronté à de nouvelles contestations. Le 30 octobre, une juge fédérale a critiqué les arguments de « sécurité nationale » avancés par son administration pour justifier la construction du monument de plus de 76 mètres de haut, rapporte TopTribune.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump semble décidé à marquer la capitale américaine avec un projet ambitieux : ériger un Arc de Triomphe de plus de 76 mètres de haut, intitulé « Arche Monumentale », à proximité du cimetière militaire d’Arlington. Le monument est censé célébrer le 250e anniversaire des États-Unis.
Cependant, ce projet colossal suscite des controverses, notamment en raison d’une action en justice intentée par des vétérans de la guerre du Vietnam. Leur avocate, Wendy Liu, souligne que « l’arc coupera la vue entre le cimetière d’Arlington et le Lincoln Memorial » et demande une suspension des travaux, qui pourraient commencer dès le 5 novembre.
Lors de l’audience du 30 octobre, le représentant du gouvernement, Robert Stander, a défendu ce qu’il décrit comme un « projet prioritaire » pour l’administration Trump. Pour étayer sa demande de construction, le gouvernement évoque la « sécurité nationale ». Dans des documents remis quelques jours avant l’audience, les ministres de la Défense et de la Sécurité intérieure, Pete Hegseth et Markwayne Mullin, affirment que le monument pourrait abriter une base de drones ainsi qu’un poste de tireurs d’élite pour protéger la capitale.
« Pas d’effet magique »
Ces arguments ont laissé la juge Tanya Chutkan perplexe. Elle a ironisé : « On ne parle pas d’un projet de cafétéria », tout en soulevant les dangers liés au stockage de munitions et de drones dans une zone à vocation touristique, près du couloir aérien de l’aéroport national Reagan. Elle a également souligné le caractère opportuniste de cette justification, avancée à la dernière minute, prévenant que « l’invocation de la sécurité nationale n’aura pas d’effet magique dans ce dossier ».
Les contestations s’intensifient. Selon des informations rapportées, Washington DC et la Virginie ont déposé le 1er novembre une plainte fédérale pour tenter de bloquer le projet, le jugeant « manifestement illégal et juridiquement indéfendable » sans l’approbation du Congrès.
La juge Tanya Chutkan a promis de rendre sa décision prochainement. Donald Trump devra donc attendre pour savoir si son arc monumental pourra prendre forme à Washington.
