La COP17 sur la biodiversité, qui s’est déroulée en Arménie, a abouti à l’adoption de textes essentiels pour protéger la nature, après deux semaines de négociations intenses, mettant en évidence les divergences persistantes entre les pays. Cette réunion a abouti à des compromis visant à « accélérer » les efforts de préservation de l’environnement, rapporte TopTribune.
Remettre les États sur de bons rails
Au cours de la session finale, le ministre arménien de l’Environnement, Hambardzum Matevosyan, a annoncé l’adoption de deux textes clés, suscitant des applaudissements parmi les délégués. Malgré l’euphorie initiale, des débats acrimonieux ont suivi, révélant les compromis difficiles obtenus par près de 200 États.
Le premier texte adopté est un « examen mondial » de l’accord sur la biodiversité de Kunming-Montréal de 2022, qui fixe 23 objectifs à atteindre d’ici 2030, tels que la protection de 30 % des terres et des océans. Cependant, un constat alarmant se dégage : presque tous ces objectifs sont actuellement en retard.
Catherine Weller, de l’ONG Fauna et Flora, a commenté : « Bien que ce texte ne soit ni particulièrement exaltant ni détaillé, le simple fait que les pays aient réussi à trouver un accord est une avancée positive. » Le document de travail a souligné la nécessité d’un « renforcement des mesures » pour s’attaquer aux causes profondes de la perte de biodiversité.
Des subventions néfastes
Les discussions ont également porté sur les subventions nuisibles à l’environnement, notamment celles liées à l’exploitation pétrolière. An Lambrechts de Greenpeace International a déclaré : « Même si la décision finale est formulée de manière faible, il y a eu un important élan politique sur les incitations financières néfastes. »
Un autre texte adopté concerne les financements nécessaires pour atteindre les objectifs fixés pour 2030, une question cruciale à une époque de contraintes budgétaires mondiales. L’Union européenne a essayé de pousser les grands pays émergents, y compris la Chine, à mettre à jour la liste des donateurs, qui n’a pas été actualisée depuis 2006.
« Autant d’occasions manquées »
Monique Barbut, ministre française de la Transition écologique, a qualifié le bilan de la COP17 de « pas à la hauteur des enjeux ». Dans sa déclaration, elle a souligné que les avancées non réalisées sont « autant d’occasions manquées d’accélérer notre réponse à la disparition de la biodiversité ». Les efforts de revitalisation du « Fonds Cali », destiné à taxer les entreprises exploitant les ressources génétiques, se sont heurtés à de nombreux obstacles.
Pakhi Das de l’ONG Plant-for-the-Planet a déploré le report des décisions essentielles à 2028 : « Cela signifie que le fonds restera vide jusqu’à cette date. » La COP a également été marquée par des tensions sur les bases scientifiques de la politiques de protection de la nature, avec plusieurs États accusés de tenter de les affaiblir.
Prochaine COP en Équateur
Gabriela Blatter, représentante de la Suisse pour 56 pays, a déploré la remise en question des données scientifiques lors des négociations. Elle a fait état d’une inquiétude croissante concernant l’intégration des données scientifiques dans la politique de protection environnementale.
Astrid Schomaker, responsable de la biodiversité à l’ONU, a reconnu des avancées remarquables malgré les attentes limitées sur les engagements. Elle a souligné que ces résultats survenaient à un moment où le multilatéralisme semblait en difficulté.
Enfin, les États ont désigné l’Équateur comme hôte de la prochaine COP sur la biodiversité prévue pour 2028, marquant une étape importante dans la continuité des négociations sur la protection de l’environnement à l’échelle mondiale.
