Un senior sur quatre en France pourrait économiser jusqu’à 155 euros par an en changeant de complémentaire santé. Cependant, 70 % de cette population ne réalise pas cette démarche. Le Baromètre du Groupe Hueber Assurances, publié à la rentrée 2026, se base sur l’analyse de 26 953 demandes et de 1 947 contrats souscrits entre le 22 juillet et le 14 août 2026. Il met en évidence un phénomène économique surprenant : l’âge semble jouer un rôle plus déterminant dans la volonté de changer de mutuelle que les considérations budgétaires, rapporte TopTribune.
Économie ignorée : 155 euros par an pour les seniors
Les données recueillies par un courtier de Tarbes indiquent une augmentation significative des frais de santé pour les seniors. Entre 55 et 85 ans, le coût mensuel d’une complémentaire santé augmente de 81,26 euros à 141,16 euros, représentant une hausse de 73,8 % sur trois décennies. Pour les 14,9 millions de Français âgés de 65 ans et plus, d’après l’INSEE, cette augmentation se traduit par un fardeau financier considérable, avec des coûts annuels variant de 975 euros à 1 694 euros, ce qui constitue une pression pour les retraités, souvent avec des revenus limités.
En dépit d’une économie potentielle de 155 euros chaque année pour ceux qui optent pour un changement de mutuelle, entre 70 et 76 % des personnes interrogées se montrent réticentes à agir, quelle que soit leur situation financière. Le rapport du Groupe Hueber Assurances souligne que « l’âge influence davantage la décision de changer de contrat que le budget ». Cette passivité s’explique par divers facteurs, tels que l’attachement aux contrats en cours, la crainte entourant les démarches administratives et la méconnaissance des offres disponibles sur le marché. De plus, le domaine est fragmenté, avec 26 953 courtiers enregistrés à l’ORIAS fin 2024, parmi lesquels 68,2 % emploient moins de 11 personnes, ce qui complique l’accès à des informations claires pour les assurés.
Les étapes du choix de la complémentaire santé senior
Avant d’atteindre 69 ans, les seniors ont tendance à rester fidèles à leur complémentaire actuelle. Ceux âgés de 55 à 59 ans paient en moyenne 81,26 euros par mois, un montant encore acceptable qui ne pousse pas à une réévaluation des offres. Cependant, c’est durant cette période que les écarts de primes commencent à se creuser, même si les besoins en santé ne sont pas encore urgents.
À 69 ans, âge clé pour la prise de décision, les demandes de changement de mutuelle se multiplient. Les retraités, conscients de l’impact financier, sont plus enclins à comparer les différentes options. Néanmoins, les taux de changement diffèrent d’une région à l’autre : 10,75 % des seniors en Nouvelle-Aquitaine modifient leur complémentaire santé, alors que ce chiffre n’atteint que 4,88 % en Corse. Cette disparité s’explique par l’accès aux services de courtage et la compétitivité locale du marché.
Passé 75 ans, la tendance à refuser d’entreprendre ces démarches s’accentue, indépendamment de la situation financière. Les seniors se sentent souvent submergés par la complexité des formalités administratives, augmentant ainsi leur désengagement. Chez les personnes de 85 ans et plus, malgré un coût moyen de 141,16 euros par mois, les économies possibles ne sont pas mises à profit par la plupart d’entre elles. De surcroît, les franchises médicales, qui peuvent atteindre jusqu’à 140 euros par an, alourdissent le poids de ces dépenses.
Décisions rapides : 77 % des seniors choisissent en un jour
Le baromètre démontre que 77 % des souscriptions à une complémentaire santé pour seniors sont décidées le jour même du premier contact avec un courtier. Contrairement à certaines idées reçues, les seniors prennent souvent des décisions rapides après avoir été en contact. Le véritable défi réside dans le déclenchement initial de la démarche.
Les courtiers emploient des stratégies de temporalité soigneusement élaborées, telles que des appels suite à une hausse des tarifs, des relances après une retraite ou des comparatifs personnalisés, afin de convertir l’intérêt en actions concrètes. Le Groupe Hueber Assurances, qui compte 300 collaborateurs et 150 000 assurés, tire parti de cette dynamique. Le secteur du courtage, qui génère environ 8,8 milliards d’euros, dépend en grande partie de cette habileté à inciter les seniors à agir au moment opportun.
Nouveaux gagnants et perdants : Nouvelle-Aquitaine et Corse
En France, des disparités régionales se dessinent quant à l’attitude des seniors face au changement de leur complémentaire santé. En Nouvelle-Aquitaine, 10,75 % d’entre eux prennent cette initiative, un chiffre supérieur à la moyenne nationale, favorisé par une forte concentration de courtiers ainsi qu’une culture de comparaison. À l’inverse, la Corse présente un taux de seulement 4,88 % en raison de son insularité, de la faible concurrence entre assureurs et de son éloignement par rapport aux centres décisionnels. Ces inégalités mettent en lumière que l’ensemble des seniors n’ont pas accès aux mêmes opportunités, même si la problématique du coût des mutuelles demeure une préoccupation annuelle pour beaucoup d’entre eux.