Les autorités russes examinent la création d’une taxe supplémentaire sur les billets d’avion afin de financer le coût élevé du crédit-bail, ainsi que l’exploitation des nouveaux appareils produits en Russie. Le ministère des Transports, le ministère de l’Industrie et du Commerce et le groupe public Rostec discutent d’un dispositif qui pourrait rapporter jusqu’à 250 milliards de roubles entre 2027 et 2030, selon des informations publiées le 23 septembre 2026 par le média russe iStories, rapporte TopTribune.
Plusieurs montants encore à l’étude
Le projet n’a pas encore fait l’objet d’une décision définitive. Une première option prévoit un prélèvement pouvant atteindre 500 roubles sur chaque billet de vol intérieur et 1 000 roubles sur un trajet international. Un autre scénario évoque un montant maximal de 700 roubles pour les liaisons intérieures et de 2 000 roubles pour les vols internationaux.
Selon les estimations préliminaires du gouvernement russe, le dispositif pourrait générer entre 68 et 84 milliards de roubles par an, sur la base du trafic actuel. Les autorités tablent ainsi sur environ 200 à 250 milliards de roubles de recettes cumulées au cours de la période 2027-2030. Le financement serait directement prélevé auprès des voyageurs au moment de l’achat de leur billet.
Une partie de ces recettes pourrait être versée aux sociétés de crédit-bail. Elle servirait à compenser l’écart entre le coût de production des avions russes et le prix préférentiel auquel ces appareils sont fournis aux compagnies aériennes nationales. Une autre part serait destinée aux transporteurs afin de couvrir les dépenses supplémentaires liées à l’exploitation des nouveaux avions, notamment le carburant.
Des avions russes plus coûteux à produire
Les chiffres avancés dans le projet mettent en évidence l’écart de coût entre plusieurs appareils russes et leurs équivalents étrangers. Le prix de revient du MC-21 est évalué entre 8,9 et 11 milliards de roubles, contre 3,4 à 4 milliards de roubles pour des modèles comparables de la famille Airbus A320 ou pour le Boeing 737.
Le même différentiel apparaît pour le SJ-100. Sa fabrication coûterait environ 5,4 milliards de roubles, tandis que le coût d’un Embraer E190 est présenté autour de 3 milliards de roubles. Ces comparaisons sont utilisées pour justifier la mise en place d’un mécanisme de soutien destiné aux constructeurs, aux sociétés de crédit-bail et aux compagnies exploitant les avions produits en Russie.
Le futur prélèvement vise donc à compenser une partie des coûts de production des avions russes, mais aussi les dépenses engagées pendant leur utilisation. Le texte présenté ne précise pas encore le mode de collecte, ni la répartition exacte des recettes entre les différents bénéficiaires. Le niveau définitif de la taxe reste lui aussi à déterminer.
Le financement du transport aérien régional
La Russie dispose d’un territoire où les déplacements entre certaines régions peuvent nécessiter de longues heures par voie terrestre. Les vols intérieurs occupent ainsi une place particulière pour les liaisons à longue distance. Le projet discuté par les autorités pourrait concerner l’ensemble des billets domestiques, sans que les documents cités ne détaillent encore un traitement spécifique pour les lignes régionales.
Les estimations financières reposent sur le trafic aérien intérieur russe observé actuellement. Le montant payé par les voyageurs varierait selon la nature du trajet et selon le scénario retenu. Pour les vols internationaux, le plafond envisagé pourrait atteindre 1 000 ou 2 000 roubles par billet. Pour les vols intérieurs, il se situerait entre 500 et 700 roubles.
Les autorités prévoient également d’utiliser les recettes pour soutenir l’exploitation des appareils russes. Les dépenses prises en compte pourraient inclure le carburant et d’autres charges liées à la mise en service des nouveaux avions. Le dispositif associerait ainsi le soutien au crédit-bail des avions et la prise en charge d’une partie des coûts opérationnels des compagnies aériennes.
Une aide destinée aux constructeurs et aux compagnies
Le mécanisme envisagé ne correspond pas à une mesure ponctuelle. Les projections du gouvernement portent sur quatre années, avec une collecte annuelle estimée entre 68 et 84 milliards de roubles. À l’échelle de la période 2027-2030, le produit attendu pourrait donc atteindre 250 milliards de roubles, selon le niveau finalement retenu et l’évolution du nombre de passagers.
La proposition est étudiée conjointement par le ministère russe des Transports, le ministère de l’Industrie et du Commerce et Rostec. Le groupe public est impliqué dans la conception, la production et l’exportation de produits industriels de haute technologie. Les discussions portent notamment sur le financement des appareils russes et sur les conditions de leur fourniture aux transporteurs du pays.
Le projet intervient alors que les autorités cherchent à accroître l’utilisation des avions produits en Russie. Les données disponibles dans le dossier comparent le MC-21 et le SJ-100 à des modèles étrangers de même catégorie, en mettant l’accent sur leur coût de fabrication. La collecte envisagée auprès des passagers doit fournir les ressources nécessaires pour réduire, pour les compagnies, l’écart entre le prix des appareils et leurs dépenses d’exploitation.
À ce stade, aucun montant définitif n’a été arrêté et aucune date précise d’entrée en vigueur n’est annoncée. Les ministères concernés et Rostec poursuivent l’examen des différents scénarios de taxe sur les billets d’avion en Russie.