Un mécanicien de ferry en Nouvelle-Écosse, reconnu ivre sur son lieu de travail après avoir consommé de la vodka, a été réintégré par la justice après une suspension de dix-sept mois sans solde. Le tribunal a jugé la sanction initiale excessive, provoquant l’indignation de son employeur, Marine Atlantic Inc., qui estime avoir subi un préjudice important, rapporte TopTribune.
Les événements se sont déroulés le 16 août 2023, lorsqu’un marin a été découvert incapable de prendre son service à bord d’un traversier canadien après avoir ingéré de l’alcool dans sa cabine. L’individu, qui avait acheté deux bouteilles de vodka, a ingéré presque toute la contenu d’une d’entre elles avant son quart. Lorsqu’il a été contrôlé par son équipage, il était « visiblement intoxiqué et incohérent ». Malgré ses dénégations initiales, il a fini par admettre son alcoolémique juste avant de subir un alcootest.
Une défense centrée sur la santé mentale
Licencié pour faute lourde le 3 novembre 2023, ce marin, avec 18 ans de service, a contesté la décision en invoquant un épisode de stress psychologique. Peu avant les faits, il avait reçu des résultats médicaux inquiétants concernant une rechute potentielle de son cancer de la prostate. Son syndicat a soutenu sa cause, affirmant que son état mental devait être pris en considération.
La Cour suprême tranche en faveur du marin
La direction de Marine Atlantic Inc., choquée par la décision d’un arbitre qui a réduit la révocation à une suspension, a porté le dossier devant la Cour suprême de Nouvelle-Écosse. L’entreprise a soutenu que le comportement de l’employé, ainsi que les mensonges initiaux, compromettaient la sécurité à bord. Néanmoins, le tribunal a confirmé la décision de l’arbitre, estimant qu’elle était juste compte tenu des circonstances, et a ordonné la réintégration du salarié.
Pour retourner à ses fonctions, le mécanicien doit se soumettre à des tests d’alcoolémie inopinés et à des vérifications de ses effets personnels pendant une période de 24 mois, sous peine de licenciement immédiat en cas de récidive.