Pression croissante sur le gouvernement face à la colère des automobilistes et des pêcheurs sur les prix du carburant

Pression croissante sur le gouvernement face à la colère des automobilistes et des pêcheurs sur les prix du carburant

16.09.2026 06:36
2 min de lecture

Les carburants en flambée : une colère palpable en France

Alors que les prix des carburants atteignent des sommets, la colère grandit parmi les automobilistes, les distributeurs et les professionnels de la pêche. Le président de la coopérative E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, dénonce les marges excessives des raffineurs, tandis que TotalEnergies affiche une hausse significative de ses profits, subissant néanmoins des ruptures de stock dans son réseau. Sous cette pression croissante, le gouvernement s’efforce d’écarter le risque d’une pénurie sans annoncer de soutien supplémentaire généralisé, rapporte TopTribune.

Les consommateurs assistent à une envolée sans précédent des coûts à la pompe, avec le sans-plomb 95 atteignant des records, tandis que le diesel ne cesse d’augmenter. Les distributeurs, irrités par les demandes répétées de réduction de leurs marges, font face à une situation où les profits de TotalEnergies restent disproportionnés par rapport aux leurs, qui ne s’élèvent qu’à un centime par litre.

Michel-Edouard Leclerc dénonce « les profiteurs »

Michel-Edouard Leclerc a exprimé son indignation sur BFMTV, qualifiant la flambée des prix d’« artificielle » et accusant les raffineurs d’être « les profiteurs » de cette crise. Il a souligné que l’augmentation des certificats d’économies d’énergie (CEE) pèse sur le coût du carburant, augmentant le prix à la pompe de 17 à 20 centimes, et demande une suspension de ces coûts pour une durée maximale de trois mois.

Prix des carburants: « Nous [les distributeurs] ne pouvons pas descendre plus bas nos prix qu’aujourd’hui », affirme Michel-Édouard Leclerc pic.twitter.com/KE6MwXuePq

— BFM (@BFMTV) September 15, 2026

Cependant, certains, comme Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, contestent cette approche. Il rappelle que les CEE financent des projets essentiels tels que l’électrification, tout en critiquant la stratégie commerciale de TotalEnergies, perçue comme une « concurrence déloyale ». En effet, 86 % des stations TotalEnergies rencontrent des ruptures d’approvisionnement, alors que la majorité des stations en France reste opérationnelle.

Total victime de son succès

TotalEnergies se trouve ainsi pris au piège de son propre succès. Pour le premier semestre 2026, le groupe a annoncé un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars, soit 9,6 milliards d’euros, affichant une hausse de 72 % par rapport à l’année précédente. Ces résultats, tirés par l’augmentation des prix du pétrole et du gaz, ainsi que l’amélioration des marges, soulèvent des accusations de « superprofits » alors que le gouvernement a récemment abandonné une taxe qui rapportait 8 milliards d’euros par an.

Tension chez les pêcheurs

La situation ne se limite pas aux automobilistes : les pêcheurs, eux aussi affectés par les hausses des coûts, expriment leur mécontentement. À Fos-sur-Mer, une cinquantaine de pêcheurs ont bloqué un dépôt pétrolier pour marquer leur opposition à l’augmentation de leurs coûts, conduisant à une évaluation des forces de l’ordre. Ils demandent à rencontrer la ministre de la Pêche, Catherine Chabaud, afin de trouver des solutions concrètes. Des manifestations similaires se sont tenues à Sète et Port-Vendres, et le mouvement risque de perdurer sans réponse adéquate.

Des manifestations ont également eu lieu à La Rochelle, dénonçant la hausse continue des prix des carburants.

Le gouvernement inflexible

Parallèlement, la grogne s’exprime sur les réseaux sociaux, où des appels à la mobilisation résonnent, rappelant les manifestations des Gilets jaunes. Bien que le gouvernement assure prêter une oreille attentive, il n’envisage pas l’élargissement des aides. Une indemnité pour les « grands rouleurs » modestes a été augmentée de 50 à 100 euros, mais cela reste insuffisant, alors que la ministre Maud Bregeon n’exclut pas une future augmentation ou prolongation des aides.

L’association « 40 millions d’automobilistes » réclame une baisse significative des taxes sur les carburants, soulignant que le poids fiscal est plus lourd sur les Français par rapport à celui supporté par les automobilistes allemands. Au total, environ 60 % du prix à la pompe serait composé de taxes et prélèvements. Avec une préoccupation grandissante pour le pouvoir d’achat, cet enjeu est devenu central dans le discours publique français.

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