Deux avions de chasse de l’OTAN abattent un drone en Lituanie, une première
Deux avions de chasse de l’OTAN ont abattu un drone d’origine indéterminée au-dessus de la Lituanie, une première pour ce pays membre de l’Alliance atlantique, rapporte TopTribune.
Un drone suspect, qui survolait la Lituanie sans que son statut armé ne soit confirmé, a été abattu par des chasseurs italiens dans le cadre de l’opération de police de l’air de l’OTAN. Le président lituanien Gitanas Nauseda a déclaré que « un drone ayant violé l’espace aérien de la Lituanie cette nuit a été rapidement abattu par des chasseurs de l’OTAN ».
Ce déploiement de l’Alliance en Lituanie est jugé « vital », alors que « la Russie intensifie son agression contre l’Ukraine », a ajouté Nauseda. Bien que l’origine du drone reste floue, son parcours suggère qu’il venait de Biélorussie, un allié de Moscou. Les pays baltes, souvent confrontés à des violations de leur espace aérien, en sont venus à voir leurs cieux surveillés de manière plus proactive.
La question qui se pose est : jusqu’où peut aller l’escalade avant que l’OTAN ne juge qu’une « incursion » représente une véritable attaque ? Selon le traité de l’Atlantique Nord, la simple violation de l’espace aérien d’un membre ne déclenche pas automatiquement l’article 5, qui stipule qu’une attaque armée contre un membre est considérée comme une attaque contre l’ensemble de l’Alliance.
Le traité indique qu’une réponse collective est appropriée lorsqu’un allié est soumis à une « attaque armée », mais chaque incident est évalué au cas par cas. Une violation de l’espace aérien peut entraîner une interception ou une destruction de l’appareil, ainsi que des consultations diplomatiques conformément à l’article 4. Cet article permet à tout membre de demander des consultations lorsque son « intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité » sont menacées.
Alors, où se trouve la véritable ligne rouge ?
Il n’existe pas de seuil automatique de gravité établi par l’OTAN pour déclencher l’article 5. Le traité mentionne une « attaque armée », mais c’est aux alliés de juger la situation. La nature de l’attaque, son origine et ses conséquences humaines et matérielles peuvent faire basculer un incident vers une gravité accrue.
Le scénario le plus probable pour inciter une réponse collective serait une attaque clairement attribuée à la Russie, causant des dommages significatifs ou des pertes humaines sur le sol lituanien. « Seule une invasion terrestre susciterait une réaction plus forte de l’alliance », a affirmé Glen Grant, ancien lieutenant-colonel de l’armée britannique, précisant que toutes les violations ne constituent pas une « attaque armée » justifiant une riposte militaire.
Une rupture surviendrait si Moscou lançait une attaque directe contre la Lituanie, entraînant des pertes humaines. Dans cette hypothèse, la question deviendrait alors : « Comment l’OTAN répond-elle à une attaque contre l’un de ses membres ? »