« La colère s'intensifie : les électriciens et gaziers bloquent le réseau pour défendre leurs remises sur les factures d'énergie »

« La colère s’intensifie : les électriciens et gaziers bloquent le réseau pour défendre leurs remises sur les factures d’énergie »

16.09.2026 07:16
2 min de lecture

Une « journée d’actions et de grève » a été organisée le mardi 15 septembre 2026 par l’intersyndicale des employés du secteur de l’énergie. Les syndicats CGT, CFE-CGC, CFDT et FO s’unissent pour exiger du gouvernement qu’il ne remette pas en question l’avantage en nature énergie, fréquemment désigné sous le terme de tarif agent, rapporte TopTribune.

Un rapport de la Cour des comptes rendu public à la mi-juillet 2026 indique que les bénéficiaires ne couvrent pas plus de 2 % des tarifs moyens de l’électricité et du gaz. Les syndicats contestent cette estimation, avançant un chiffre plus proche de 10 %. Ce régime, instauré en 1951 pour l’électricité et en 1962 pour le gaz, impose un coût de 700 millions d’euros par an à EDF.

En outre, l’État perd environ 230 millions d’euros en manque à gagner fiscal, car l’avantage n’est pas correctement évalué dans les déclarations des bénéficiaires. La charge globale atteint ainsi 930 millions d’euros, une somme soumise à l’attention de Bercy dans un climat de déficit public persistant.

Pression accrue de la Cour des comptes sur le dossier

La Cour des comptes a depuis 2013 appelé à un encadrement plus rigoureux du tarif agent et préconisait sa réduction progressive dès 2019, sans qu’aucune décision gouvernementale n’émerge. La notification adressée en juillet 2026 modifie la situation : l’exécutif doit désormais se prononcer par un arrêté ministériel. Trois options sont envisagées :

  1. suppression immédiate,
  2. réduction progressive des tarifs de 20 à 30 % sur une période de dix ans,
  3. ou statu quo.

Dominique Santoni, déléguée fédérale des industries électriques et gazières à la CFDT, souligne que ce débat concerne une réalité salariale : « le tarif agent constitue une part de la rémunération des agents, ce n’est pas un don », rappelle Nice Matin, ajoutant que les barèmes salariaux du secteur demeurent souvent inférieurs au SMIC.

Fabrice Coudour, secrétaire général de la Fédération nationale des mines et de l’énergie-CGT, fait écho à cette préoccupation : « C’est un symbole de notre contrat social ».

Environ 300 000 personnes, comprenant 140 000 employés actifs chez EDF, Enedis, RTE, GRDF, Engie ou NaTran, ainsi que 160 000 retraités de ces secteurs, sont concernées par cette action. L’appel à la mobilisation a été lancé deux mois auparavant, à la mi-juillet 2026.

À partir du vendredi 11 septembre, des grévistes ont commencé à diminuer la puissance de la centrale nucléaire de Flamanville, localisée dans la Manche : la charge du réacteur 2 a été réduite, et les travaux de maintenance sur le réacteur 1 ont été ajournés.

Alexandre Grillat, secrétaire général de la CFE Énergies, évoque que lors de la dernière grande menace sur le tarif agent en printemps 2011, le taux de grévistes avait atteint 86 %. Il prévient : « Si le gouvernement ne capte pas le message du 15, la colère sera bien plus intense ».

L’intersyndicale prévoit une manifestation devant Bercy pour demander une rencontre. Dans la région Drôme-Ardèche, des actions ont également lieu à Valence, Annonay, Montélimar et Aubenas. Sur les ondes de la radio ICI Drôme Ardèche, David Hallier, délégué CGT à la centrale nucléaire de Cruas, est intervenu pour soutenir ce mouvement local.

Le ministère de l’Énergie confirme avoir pris connaissance de la mise en demeure de la Cour des comptes, qui exige un alignement sur la valorisation de l’écart entre le tarif préférentiel et la valeur réelle de l’énergie.

Cette mobilisation se déroule à un moment où les tensions au Moyen-Orient ont des répercussions sur les approvisionnements en gaz en Europe, avec des niveaux critiques pour les réserves françaises à la mi-septembre 2026. Une perturbation majeure dans la production d’électricité ou dans les flux gaziers pourrait déséquilibrer l’offre et la demande. Cette action précède celle de la fonction publique, prévue pour le 29 septembre 2026.

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