Impôt sur le revenu 2027 : le gouvernement abandonne le gel du barème fiscal.

Impôt sur le revenu 2027 : le gouvernement abandonne le gel du barème fiscal.

14.09.2026 14:26
4 min de lecture

L’impôt sur le revenu 2027 prend forme. Alors que le gouvernement recherche des économies considérables pour son budget à venir, Maud Bregeon a récemment écarté l’idée du gel du barème, une mesure pouvant générer de nouvelles recettes fiscales. Au lieu de cela, les seuils devraient augmenter en harmonie avec l’inflation, rapporte TopTribune.

Impôt sur le revenu 2027 : le barème sera indexé sur l’inflation

L’impôt sur le revenu 2027 ne subira pas une augmentation par la seule influence de l’inflation. Invitée sur BFMTV lors de l’émission « Grand Oral 2027 », Maud Bregeon a précisé que le gouvernement avait opté pour une indexation intégrale du barème dans sa proposition de budget. Elle a affirmé : « Il est hors de question de geler ce barème de l’IR », d’après les informations rapportées par Le Figaro.

Cette décision a des implications notables pour les ménages. Lorsque les salaires augmentent pour suivre l’inflation, mais que les seuils du barème fiscal restent statiques, certains contribuables peuvent être poussés dans une tranche d’imposition supérieure ou devenir imposables, sans réelle amélioration de leur pouvoir d’achat.

Cette indexation vise précisément à remédier à ce phénomène. Le Sénat souligne que l’ajustement du barème à l’inflation est devenu coutumier depuis 1969, afin d’éviter que la hausse des revenus ne crée une augmentation du niveau d’imposition, alors que cette hausse n’est qu’une compensation face à la montée des prix.

En dépit de ces considérations, le gouvernement avait des raisons budgétaires d’explorer un gel. Lors de la préparation du budget précédent, cette option avait été envisagée dans le but de générer des recettes additionnelles. MoneyVox indique qu’un gel proposé pour 2026 aurait pu rapporter environ 2 milliards d’euros, ce qui aurait entrainé quelque 200 000 foyers supplémentaires sous l’impôt. Cependant, le barème avait finalement été revalorisé de 0,9%.

Une revalorisation qui pourrait atteindre 2%

Il reste à déterminer le taux exact qui sera présenté dans le projet de loi de finances. À ce stade, l’estimation centrale évoque un taux de 2%.

Les données relayées par MoneyVox prévoient une inflation annuelle de 2,1% en 2026 et 2% hors tabac. C’est cette mesure qui sert traditionnellement de base pour ajuster le barème.

Avec une indexation de 2%, le seuil de la première tranche imposable pourrait passer de 11 600 euros à environ 11 832 euros par part fiscale. De plus, la tranche à 30% pourrait débuter autour de 30 092 euros, contre 29 580 euros dans l’échelle actuelle.

Les seuils des tranches suivantes devraient également être augmentés, avec la tranche à 41% démarrant autour de 86 270 euros, et celle à 45% dépassant 185 555 euros par part, selon les calculs de MoneyVox.

Cependant, ces montants restent théoriques. Le barème final dépendra du taux d’indexation adopté dans le projet de loi de finances pour 2027, puis, crucialement, du texte réellement avalisé par le Parlement.

Pour les contribuables avec des revenus stables, une hausse des seuils pourrait éventuellement faire baisser leur impôt dû. Capital note que l’indexation pourrait parfois mener à une « petite baisse d’impôt ». Pour ceux dont les revenus augmenteraient en corrélation avec l’inflation, l’objectif restera de maintenir une pression fiscale similaire.

Budget 2027 : 30 milliards d’euros d’économies à trouver

Ce choix s’inscrit dans un contexte de contraintes financières pour l’État. Le Figaro rapporte que Maud Bregeon a assuré que le gouvernement vise un effort de 30 milliards d’euros dans le cadre du futur budget.

En parallèle, l’exécutif souhaite respecter une politique affirmée dès la fin août : ne pas augmenter les impôts et réduire les dépenses publiques. Lors du Conseil des ministres du 31 août, Maud Bregeon a résumé les grandes lignes de ce projet gouvernemental en confirmant l’absence de hausses fiscales et un ralentissement des dépenses ministérielles.

Abandonner l’idée du gel du barème prive toutefois l’État d’une voie potentielle pour augmenter ses recettes. Un barème non ajusté aurait mécaniquement accru le rendement de l’impôt à mesure que les salaires augmentent.

Maud Bregeon défend cette décision au nom de la préservation de la stabilité fiscale. « Il est hors de question de geler ce barème de l’IR », a-t-elle insisté, notant qu’une telle mesure entraînerait une « hausse d’impôts pour l’ensemble des Français », selon Le Figaro.

Le montant exact du manque à gagner pour les finances publiques reste à ce jour non précisé.

Le futur barème doit encore passer l’épreuve du Parlement

L’annonce gouvernementale ne signifie pas que les nouveaux seuils sont acquis de façon définitive. Ils doivent apparaître dans le projet de loi de finances pour 2027 et devront passer par les débats parlementaires.

La question est d’autant plus délicate que l’exécutif doit trouver un compromis dans une Assemblée nationale fragmentée. Maud Bregeon a mentionné que le gouvernement chercherait à dialoguer avec l’ensemble des groupes représentés au Parlement, y compris le Rassemblement national.

Ainsi, l’objectif est d’obtenir un budget capable de résister à la période électorale, avant que d’éventuelles nouvelles majorités n’interviennent pour modifier les décisions prises après les élections de 2027.

L’enjeu immédiat pour les contribuables est de déterminer à partir de quel niveau de revenu ils seront imposables l’année prochaine. Si l’hypothèse d’une indexation de 2% se confirme, le futur barème applicable aux revenus de 2026 pourrait s’établir comme suit : 0% jusqu’à 11 832 euros par part, 11% entre 11 833 et 30 091 euros, 30% entre 30 092 et 86 269 euros, 41% entre 86 270 et 185 555 euros, et 45% au-delà.

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