La hausse des prix du pétrole, exacerbée par l’intensification du conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz, provoque une nouvelle flambée des tarifs des carburants en France. Certains experts redoutent que le prix du litre de gazole ne grimpe jusqu’à 3 euros dans certaines stations, tandis que distributeurs et automobilistes expriment leurs inquiétudes quant à une situation qui affecte gravement les déplacements et le pouvoir d’achat, rapporte TopTribune.
Les tarifs à la pompe atteignent de nouveaux sommets en raison de la volatilité géopolitique, notamment des attaques qui frappent des pétroliers dans la région. Le prix du baril de Brent a franchi le seuil des 100 dollars mercredi, une première depuis le 24 juillet, bien que ce chiffre soit encore loin du pic de 126,41 dollars atteint le 30 avril.
Cette hausse se traduit directement par une augmentation des prix des carburants en France, suscitant la crainte d’un tarif de 3 euros pour le litre de gazole, qui semblait inimaginable il y a quelques mois, et qui représente le double du prix d’avant le début de la crise des Gilets jaunes.
Sans paix, pas de baisse ?
Les perspectives de hausse des prix demeurent incertaines. « Personne ne peut le dire », a affirmé Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, en évoquant les répercussions des nouvelles frappes américaines et iraniennes. « Tant qu’il n’y aura pas de sérénité, la paix, et une circulation normale, les prix resteront tendus. » Les perturbations logistiques et la réduction des capacités de raffinage aggravent la situation. Les marges au niveau du raffinage ont quadruplé, tandis que celles des distributeurs sont minimales.
Le gouvernement a pour sa part réuni mercredi les distributeurs de carburants pour « suivre la situation ». Schelcher a également dénoncé le plafonnement des prix par TotalEnergies, qu’il considère comme une « concurrence déloyale ». Ainsi, la complexité de la chaîne logistique et des chemins maritimes, rendue plus coûteuse par les perturbations, nécessite une attention accrue.
La vie rétrécie des Français
La hausse des prix des carburants pèse lourdement sur le budget des ménages français, entraînant des changements de comportement chez les automobilistes qui renoncent à des visites familiales ou à des loisirs. En juillet, une note d’experts expliquait que les prix élevés du carburant renforcent le sentiment d’une existence entravée par le coût de la mobilité. Ce sentiment, qualifié de « vie rétrécie », se répand surtout dans les territoires où la dépendance à l’automobile est forte.
Cette situation se reflète dans une baisse « inédite » de 7 % des ventes de carburant en volume chez Coopérative U depuis le début de l’année, par rapport à l’année précédente.
L’urgence d’une baisse de la fiscalité
L’association 40 millions d’automobilistes met en garde : « Sans baisse de la fiscalité, le pronostic vital de la France est engagé ». Leurs critiques portent notamment sur les dispositifs d’aide jugés insuffisants. Pierre Chasseray, de l’association, appelle à une réduction immédiate de la TVA sur les carburants de 20 % à 15 %, ainsi qu’à une diminution des accises et à la suppression des coûts additionnels liés aux certificats d’économies d’énergie.
À l’issue de la réunion à Bercy, les représentants des automobilistes ont jugé la rencontre stérile, le gouvernement ne prenant aucune mesure concrète pour lutter contre la hausse des prix à la pompe.