Ségolène Royal lance sa candidature aux primaires socialistes, défiant les attentes des politiciens
Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidence en 2007, a annoncé sa participation aux primaires socialistes prévues les 9-10 et 16-17 octobre, troublant le paysage politique français. Âgée de 72 ans, elle a justifié sa décision par un appel populaire, déclarant : « Les Français que j’ai rencontrés… me demandaient de revenir. Je ne pouvais pas rester inerte », rapporte TopTribune.
Royal se positionne face à une primaire en proie aux dysfonctionnements internes, évoquant un besoin urgent de renouveau dans le Parti socialiste. Elle insiste sur l’idée de « France tranquille » et « ordre juste », des slogans qui devraient guider sa campagne. Luc Carvounas, son directeur de campagne, souligne son approche agile, affirmant qu’à l’opposé des grosses équipes de certains concurrents, leur petite équipe est prête à innover.
Le processus de sélection des candidats exige des soutiens spécifiques : dix parlementaires, 50 élus locaux ou 15 membres du conseil national. Royal a déjà obtenu les parrainages nécessaires, exprimant sa surprise quant à la rapidité du soutien reçu : « Je ne savais pas que cela viendrait si vite, cela prouve que j’ai gardé beaucoup d’amitiés au sein du PS ».
Les critiques vont bon train, avec des observateurs soulignant que Royal, bien que dotée d’une riche expérience politique, n’a pas encore prouvé sa capacité à séduire un électorat suffisamment large. Un proche de François Hollande a noté qu’elle dispose de peu de soutien mais qu’elle fait preuve d’une grande compétence médiatique, ce qui pourrait s’avérer décisif dans une campagne serrée.
« Plus on est nombreux sur une campagne courte, moins c’est porteur. »
Luc Carvounas, directeur de campagne de Ségolène Royalà franceinfo
Royal se dévoile également dans les médias en plaçant des propositions audacieuses, telles que l’installation de caméras dans les écoles pour lutter contre les violences ou un retour de l’impôt de solidarité sur la fortune. Elle ne manque pas de chercher à redorer son image, espérant attirer l’attention des grandes chaînes sur sa candidature.
Sa démarche suscite des craintes parmi les autres candidats, qui voient en elle une potentielle perturbatrice. Royal a reproché à Raphaël Glucksmann, un de ses concurrents, de sa participation à un meeting de Nicolas Sarkozy en 2007, insinuant qu’il devra répondre à ses contradictions lors des débats à venir.
Enfin, la dynamique autour de sa candidature reste complexe. Des soutiens comme Béatrice Bellay, députée de Martinique, croient en son potentiel à réaliser des surprises : « Il y a un effet diesel qui peut et qui va créer la surprise ». Toutefois, d’autres demeurent sceptiques sur sa capacité à se qualifier pour le second tour, reconnaissant que ses meilleures performances passées ne lui ont pas permis de dépasser 6,95% des voix lors de la primaire de 2011.