
Les automobilistes en France vont devoir faire face à une hausse marquée des tarifs des carburants. Le prix du litre de gazole a atteint 2,29 euros, tandis que celui du SP95-E10 est monté à 2,12 euros, selon les données du gouvernement, rapporte TopTribune. Lors d’une réunion tenue au ministère de l’Économie le 9 septembre, il a été confirmé qu’aucune mesure d’aide supplémentaire ne sera mise en place pour atténuer cette augmentation sans précédent.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient en février 2026, le tarif du gazole a bondi de plus de 31%, passant de 1,72 euro à 2,29 euros le litre. Les prix de l’essence suivent cette tendance, approchant des niveaux records observés en juin 2022. Pour un plein de 50 litres, le coût a ainsi augmenté de plus de 28 euros depuis le début de l’année.
En dépit de cette situation alarmante, le gouvernement reste ferme sur sa position. Selon les proches du ministre de l’Économie, Roland Lescure, « l’état des finances publiques ne permet pas de soutenir ce type de mesure ». L’exécutif demeure opposé à la fois à un plafonnement des prix et à des réductions fiscales sur les carburants, malgré les demandes formulées par les distributeurs et les associations de consommateurs.
Contexte géopolitique et ses répercussions sur les prix du pétrole
L’escalade des prix est principalement liée à des événements survenant à des milliers de kilomètres du pays, dans le détroit d’Ormuz. Le baril de Brent de la mer du Nord a franchi, mercredi, la barre des 100 dollars pour la première fois depuis juillet, atteignant 101,21 dollars après une hausse de 3,4%. La référence du West Texas Intermediate a également vu son prix augmenter, se portant à 96,05 dollars.
Cette hausse des tarifs fait suite à des frappes orchestrées par l’Iran contre une dizaine de navires, y compris deux américains, dans le détroit d’Ormuz. Tenu pour responsable, l’Iran a justifié ses actions comme étant une réponse à des attaques américaines visant ses pétroliers. L’agence maritime britannique UKMTO a rapporté que plusieurs navires étaient en feu dans le Golfe, sans préciser le nombre de victimes. La situation se détériore depuis que l’Iran a sécurisé ce passage stratégique, essentiel pour le transit mondial de pétrole et de GNL.
Accusations des distributeurs envers les raffineurs
Au cours de la réunion à Bercy, les distributeurs ont affirmé qu’ils appliquaient des marges très faibles. Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U, a exposé sur BFMTV que « le carburant est un produit d’appel très disputé », les contraignant à maintenir des marges étroites. Cependant, il a mis en cause le secteur du raffinage, accusant celui-ci de tirer profit de la conjoncture actuelle. « Les marges au niveau du raffinage ont quadruplé », a-t-il déclaré, suggérant que ce secteur pourrait faire un effort. Les chiffres de la DGEC indiquent que la marge brute de raffinage sur Brent a grimpé à 48,71 dollars par baril en septembre, contre 38,05 dollars en août.
Dominique Schelcher a de plus critiqué la « concurrence déloyale » de TotalEnergies, qui a plafonné ses prix à 1,99 euro pour l’essence et 2,25 euros pour le diesel. Cette décision a permis des économies pour les consommateurs, mais a également engendré des files d’attente et des pénuries locales.
Diminution des ventes de carburant chez les distributeurs
Les distributeurs ont observé une chute significative des ventes. Dominique Schelcher a signalé une baisse historique de 7 % des volumes vendus par la Coopérative U depuis le début de l’année, en raison de la concurrence de TotalEnergies et des changements d’habitudes des consommateurs, qui réduisent leurs déplacements.
Les perspectives d’amélioration à court terme semblent limitées. Le PDG de la Coopérative U a souligné que tant que les tensions au Moyen-Orient perdureront, les prix resteront « tendus ». L’Iran envisage l’extension de sa « zone interdite » dans le Golfe, tandis que les États-Unis maintiennent leur blocus. Les conflits en cours réduisent également les capacités de raffinage à l’échelle mondiale, entraînant une hausse des prix. Certains analystes craignent que le prix du baril atteigne 120 dollars, ce qui pourrait faire monter les prix à la pompe au-delà de 2,50 euros le litre, impactant gravement le pouvoir d’achat des ménages, particulièrement dans les zones rurales où la voiture est indispensable.