Polémiques à Carcassonne : Propos racistes de policiers municipaux exposés dans une vidéo
Le maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, est à la une d’une controversée après la diffusion, le 9 septembre, d’une vidéo dans laquelle des policiers municipaux teniennent des propos racistes, misogynes et homophobes. La vidéo, provenant d’une caméra-piéton lors d’une patrouille, date de 2025, précédant l’élection de Barthès à la mairie, indique TopTribune.
Affronté à la tempête médiatique, Barthès a été contraint de condamner publiquement ces déclarations. Ce phénomène soulève des interrogations cruciales sur la conduite de la police municipale à Carcassonne. Ces agissements sont-ils des cas isolés ?
À la diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux, de nombreux habitants de la cité Ozanam ont révélé ne pas avoir été surpris. Mohammed, 44 ans, originaire de ce quartier, a fait savoir que les relations avec la police nationale sont plutôt positives, tandis que celles avec la police municipale tendent à être conflictuelles. Il dépeint les agents comme ayant une approche « de cow-boy » et souligne que les propos tenus dans la vidéo sont presque banals pour lui : « Ils sont là, entre guillemets, pour ‘taper sur la racaille’. Mais nous ne sommes pas tous de la racaille. Autant les policiers nationaux, quand ils viennent, ils parlent avec nous, tout se passe bien. Mais les municipaux, on ne peut pas parler avec eux, on ne peut rien faire. La façon dont ils nous parlent, ce n’est pas joli à voir. »
Morad, un autre habitant, n’est pas surpris d’apprendre que l’un des policiers impliqués est membre du RN. Selon lui, l’hostilité de certains agents municipaux envers les étrangers est manifeste, visible « à leur comportement, leur façon de parler, leur regard ou leur attitude. C’est flagrant. »
« Les municipaux, le nouveau maire, les militaires, ils sont tous ensemble. »
Morad, habitant de la cité Ozanam, Carcassonne
Anthony, résident du centre-ville, partage un constat similaire concernant les policiers municipaux : « Ils sont arrogants et jugent directement à l’apparence ou au faciès. Ils gueulent au lieu de parler calmement et gentiment. On se sent mal à l’aise. »
Face à la situation, le maire Barthès, dans une tentative de défense de la police municipale, a admis qu’il était crucial de procéder à une réévaluation de son fonctionnement. Il a déclaré : « Il apparaît préférable d’engager en priorité une démarche de remise à plat du fonctionnement du service, assortie d’actions de formation aux obligations déontologiques et d’une refonte des procédures relatives aux caméras-piétons. » En complément, le ministre de l’Intérieur a ordonné un contrôle de la police municipale de Carcassonne par l’Inspection générale de l’administration.