Éclipse : cette région a enregistré plus de la moitié des cas de brûlures rétiniennes en France, et les ophtalmologues n'ont réalisé la raison que trop tard.

Éclipse : cette région a enregistré plus de la moitié des cas de brûlures rétiniennes en France, et les ophtalmologues n’ont réalisé la raison que trop tard.

15.08.2026 07:16
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Lors d’un entretien accordé à franceinfo le mercredi 12 août, Olivier Las Vergnas, président de l’Association française d’astronomie, a souligné l’importance de se munir de lunettes spéciales éclipse pour observer le phénomène prévu ce jour-là. Les lunettes de soleil habituelles ne sont pas appropriées pour cette activité, car elles ne protègent pas les yeux de manière adéquate, rapporte TopTribune.

Le risque est accentué par l’absence de douleur immédiate : « Le soleil peut endommager la rétine sans que cela ne se sente », a averti l’astronome. Regarder directement le soleil équivaut à concentrer ses rayons par le biais d’une loupe, un processus que l’astronome illustre en comparant aux illustrations de Hergé dans Tintin et le Temple du soleil.

Les lunettes certifiées filtrent environ un cent-millième de la lumière solaire, ce qui les rend sûres pour l’observation. Olivier Las Vergnas déconseille totalement la fabrication de dispositifs de protection improvisés.

253 lésions oculaires après l’éclipse de 1999

Le précédent le plus documenté concerne le 11 août 1999. Ce jour-là, une bande de totalité a traversé la France en diagonale, du Nord au Nord-Est, tandis que le Sud-Est, notamment la Côte d’Azur, a été témoin d’une éclipse partielle qui a occulté environ 80 % du soleil.

Un rapport du ministère de la Santé, publié en 2000 et mis à jour en 2019 par Santé publique France, a dénombré 253 lésions oculaires en France suite à l’observation de l’éclipse. L’enquête, menée auprès de 54 000 ophtalmologistes et 500 services d’urgence, avait consigné 1 024 consultations dans 69 départements.

Parmi ces 253 cas, 147 patients avaient subi des dommages rétiniens, dont 17 étaient considérés comme graves, avec une acuité visuelle inférieure à 2/10. Sept patients étaient devenus malvoyants des deux yeux, tandis que 106 autres avaient souffert de lésions superficielles de la cornée. Dans le Nord, la couverture nuageuse avait réduit l’exposition directe, entraînant uniquement des irritations de la cornée sans gravité.

Le paradoxe réside dans le fait que plus de la moitié des atteintes rétiniennes signalées provenaient du Sud-Est, la région où le soleil était le moins couvert. Dans une atmosphère ensoleillée et estivale, les brûlures étaient plus sévères et plus durables qu’au nord.

Plus de 80 % des patients identifiés vivaient en permanence dans cette région. Les jeunes âgés de 15 à 29 ans, avec 57 cas sur 147, représentaient 38,8 % des atteintes rétiniennes enregistrées au niveau national, un chiffre particulièrement élevé dans cette zone d’éclipse partielle.

Les comportements à risque sont en grande partie responsables de ces résultats : parmi les 253 lésions, 100 patients avaient observé l’éclipse à l’œil nu, 74 avaient retiré leurs lunettes en cours de visionnement, et 32 avaient utilisé des méthodes jugées inappropriées par le rapport.

Parmi les patients atteints de lésions rétiniennes, 93 % avaient regardé l’événement en dehors de la bande de totalité, durant une phase partielle, et 75 % ont déclaré avoir été exposés moins de cinq minutes.

Malgré une campagne de sensibilisation en 1999, qui avait vu la distribution de 30,6 millions de lunettes certifiées, dont 1,5 million fournies par l’État, ainsi que 12 millions de brochures et 700 000 affiches, les résultats demeurent préoccupants.

Selon l’Institut de veille sanitaire, le stock de lunettes était légèrement excédentaire dans la bande de totalité, mais potentiellement insuffisant dans le Sud, où les commerçants avaient agi plus tardivement. Le rapport suggère aussi qu’une mauvaise compréhension des messages de prévention pourrait expliquer le nombre élevé de lésions rétiniennes dans le Sud-Est.

Le fait que 93 % des victimes étaient situées en dehors de la bande de totalité révèle une situation particulière pour la Charente, où l’éclipse du 12 août ne fut également qu’une éclipse partielle.

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