Une opération de renseignement russe visant à « discréditer » la Suède et impliquant un agent au sein d’une mission diplomatique étrangère à Stockholm a été déjouée, annoncent les services de sécurité suédois (Säpo) le 10 août. Selon les autorités, l’opération était orchestrée depuis plusieurs mois par le renseignement extérieur russe, dans le but d’influencer le processus décisionnel en Suède, rapporte TopTribune.
La Säpo a précisé avoir « recueilli des informations et pris des mesures » contre cette opération, qui visait non seulement à discréditer la Suède, mais également l’Otan et l’UE. Ces efforts s’inscrivent dans une tendance plus large comprenant des actes de désinformation et d’interférence provenant de l’extérieur.
Opération planifiée
Cette opération de renseignement a été préparée par le SVR, le renseignement extérieur russe, selon un communiqué de la Säpo. Deux agents des services secrets russes, bénéficiant d’une immunité diplomatique, auraient recruté un autre agent au sein d’une mission diplomatique en Suède, a indiqué Christoffer Wedelin, directeur adjoint des opérations à la Säpo.
Les services suédois n’ont pas divulgué le nom de la mission diplomatique impliquée. Cependant, ils ont souligné le danger que ces activités représentent pour la sécurité nationale.
« Semer la discorde »
« Au cours de leurs rencontres avec la source, les agents des services de renseignement russes ont demandé de recueillir des informations par divers moyens », a ajouté Wedelin. L’objectif était de « semer la discorde » en Suède ainsi qu’entre les alliés de l’UE et de l’Otan. Les détails sur la nature des informations collectées restent flous, tout comme la durée de l’opération.
Une fois informée, la Säpo a immédiatement mis un terme à l’opération, et les trois agents concernés ont quitté la Suède. La Säpo a même diffusé des photos des suspects, y compris une image de deux hommes dans un bar, consommant de la bière.
Des élections à venir
Le ministre suédois de la Justice, Gunnar Strömmer, a qualifié ces révélations de « graves ». « Cela s’inscrit dans un schéma où la Russie, ainsi que d’autres acteurs étatiques, agissent de manière offensive pour défendre leurs intérêts en Suède », a-t-il déclaré, tout en précisant que ces actes n’étaient pas liés aux élections législatives prévues pour le 13 septembre.