Ingérences prorusses : Raphaël Glucksmann visé par une opération de désinformation de Storm-1516

Ingérences prorusses : Raphaël Glucksmann visé par une opération de désinformation de Storm-1516

05.08.2026 07:36
2 min de lecture

Après Edouard Philippe, Raphaël Glucksmann a été la cible d’une opération de désinformation attribuée au réseau prorusse Storm-1516. La fréquence et l’intensité des ingérences étrangères dans la campagne présidentielle de 2027 suscitent de vives inquiétudes, le gouvernement préparant un nouvel arsenal pour protéger les futurs scrutins, rapporte TopTribune.

Le 21 juillet dernier, Edouard Philippe, candidat pour le parti Horizons, avait déjà été victime d’une campagne de fausses informations le qualifiant de « atteint d’une démence fronto-temporale » ou d’une maladie neurodégénérative. À présent, l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, potentiel candidat social-démocrate pour 2027, a également été la cible d’attaques similaires.

L’implication du réseau russe Storm1516

Glucksmann a exprimé sa préoccupation concernant une opération de « déstabilisation de l’élection présidentielle » impliquant sa compagne, la journaliste Léa Salamé, et Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart. Il a révélé sur ses réseaux sociaux que le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN) l’a informé qu’il était ciblé par le groupe Storm1516, piloté par le GRU (services secrets de l’armée russe). Cette opération inclut la création d’un faux média reproduisant les codes de Blast, usurpant l’identité de journalistes et diffusant des contenus manipulés.

Les services russes ont commencé leurs opérations de déstabilisation de la campagne de 2027. Et ce n’est qu’un début. pic.twitter.com/d0qlH7luDw

— Raphael Glucksmann (@rglucks1) August 4, 2026

« Cette attaque n’est qu’un avant-goût de ce qui va suivre »

Une source sécuritaire a confirmé l’implication du réseau prorusse Storm-1516 à l’AFP. Selon Glucksmann, ces attaques visent à semer le doute et le chaos, détruisant la notion de fait et de vérité, et rendant impossible un débat public apaisé. Il estime que la campagne de 2027 sera marquée par des ingérences massives vis-à-vis de tous les candidats démocrates et pro-européens.

Le potentiel candidat a affirmé : « Nous ne laisserons pas les sbires du Kremlin ébranler notre démocratie. Nous ne laisserons pas les plateformes américaines et chinoises comme X et TikTok fouler aux pieds nos règles pour rendre virales les opérations de déstabilisation de nos ennemis. »

Un projet de loi à l’automne

La question des ingérences étrangères sur les élections sénatoriales de septembre et, surtout, sur la présidentielle de printemps 2027, est cruciale pour l’exécutif. Pour y répondre, le gouvernement prévoit de renforcer un arsenal déjà établi par la loi du 25 juillet 2024, adoptée après des élections européennes ciblées par des manipulations.

Cette loi a accru les capacités du service Viginum, responsable de la détection des campagnes numériques étrangères, durci les règles sur les financements politiques étrangers et alourdi les sanctions pour toute infraction au service d’une puissance étrangère. Elle autorise également l’utilisation expérimentale d’algorithmes par les services de renseignement jusqu’en 2028 pour identifier des activités suspectes.

Le ministre Sébastien Lecornu a annoncé des mesures supplémentaires en réponse aux ingérences signalées, et un nouveau projet de loi anti-ingérences sera examiné cet automne. Ce projet vise à étendre à toutes les élections le recours judiciaire contre la manipulation de l’information, permettant un retrait rapide des fausses informations. Les manœuvres visant à influencer le vote ou à encourager l’abstention seront sévèrement punies.

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