Marine Le Pen candidate à l’élection présidentielle de 2027 malgré sa condamnation
Marine Le Pen a annoncé le 7 juillet 2026 sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, quelques heures après avoir été reconnue coupable en appel et condamnée à trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, pour détournement de fonds publics européens, rapporte TopTribune.
Pour soutenir une campagne qui s’annonce complexe, en attendant la décision de la Cour de cassation, elle bénéficie de l’appui d’Elon Musk. Cependant, l’influence du célèbre milliardaire américain, proche de Donald Trump, pourrait ne pas être bénéfique pour Le Pen, qui essaie de se distancer des autres figures de l’extrême droite.
Un soutien remarqué sur son propre réseau social
Mercredi 15 juillet, Elon Musk a exprimé son soutien à Marine Le Pen en déclarant : « Elle est le dernier espoir de la France », sur le réseau X qu’il possède. Le fondateur de SpaceX a relayé des sondages favorables à la cheffe de file du Rassemblement national (RN). Ce n’est pas la première fois que Musk soutient la femme politique française, ayant dénoncé l’année précédente la « persécution » dont elle était victime après avoir été rendue inéligible et l’encourageant à se présenter à l’Élysée.
Utilisant régulièrement X, Musk se sert de cette plateforme pour influencer l’opinion avec plusieurs dizaines de messages par jour. Néanmoins, son soutien, venant d’une personnalité influente de l’administration Trump, pourrait être perçu comme une ingérence, alors que Le Pen s’est récemment insurgée contre un rapport du Sénat sur la désinformation qui parle d’« ingérence intérieure ».
Garantie d’indépendance pour le RN
Consciente de la nécessité de « garantir le pluralisme et la libre confrontation des idées » à l’approche des élections, Marine Le Pen sait qu’elle doit prouver son indépendance politique. Elle avait déjà été critiquée dans le passé pour avoir sollicité l’appui de Vladimir Poutine et Donald Trump. Son successeur, Jordan Bardella, avait exprimé sa satisfaction suite à la réélection de Trump, le considérant comme un symbole du « vent de liberté » qui souffle sur les démocraties occidentales.
« Cela ne nous lie pas à Elon Musk »
Sébastien Chenu, vice-président du RN, a déclaré le 16 juillet sur France 2 que le soutien de Musk n’engage pas le parti : « Cela nous permet d’identifier le fait que oui, Marine Le Pen est vraiment le dernier espoir pour la France ». Il a affirmé que cela n’équivaut pas à une ingérence et a donné l’exemple de Barack Obama soutenant Emmanuel Macron.
Quand le président des États-Unis soutenait Emmanuel Macron, on pouvait éventuellement parler d’ingérence.
Instaurer un « rapport de force » avec les États-Unis
Face à des défis comme l’interaction au Venezuela et en Iran, ainsi qu’une guerre commerciale avec les États-Unis, le RN a dû revoir sa stratégie, plaidant pour un « rapport de force » contre la « soumission ». Marine Le Pen a aussi critiqué Trump pour sa politique qu’elle jugeait contraire à ses promesses, la qualifiant d’« impérialisme ».
Malgré cela, certains voient des parallèles avec Trump dans sa candidature, la jugeant symbolique du défi qu’elle représente face à l’État de droit, alors qu’elle continue d’affirmer que seuls « les électeurs seront juges ».
Avec AFP