Canal+ maintient sa position sur le financement des films nuisibles à son image

Canal+ maintient sa position sur le financement des films nuisibles à son image

01.08.2026 19:26
2 min de lecture

Maxime Saada annonce la fin du financement des films nuisant à l’image de Canal+

Le directeur général de Canal+, Maxime Saada, a réaffirmé le 28 juillet 2026 que la chaîne ne financera plus à l’avenir des films dont les initiateurs sont jugés « préjudiciables à l’image » de son groupe. Cette déclaration survient après la signature d’un nouvel accord de cinq ans avec le secteur du cinéma, rapporte TopTribune.

Le récent accord stipule que Canal+ investira 980 millions d’euros entre 2028 et 2032 dans le cinéma français et européen. Ce développement a été annoncé quelques semaines après une vive controverse qui a marqué le Festival de Cannes en mai dernier, où la question des influences politiques dans le cinéma a été soulevée.

« On ne les financera pas »

La discorde a débuté avec une tribune accusant « l’emprise grandissante de l’extrême droite » sur le septième art, visant le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, principal actionnaire de Canal+. En réponse, Maxime Saada a déclaré que son groupe ne souhaitait désormais plus financer les films des signataires de cette tribune.

Face à la polémique engendrée par ses propos au festival, Saada a tenté de clarifier sa position en niant vouloir établir une « liste noire ». Cependant, lors d’une interview avec l’AFP, il a affirmé qu’il ne « n’oublie rien » concernant cette affaire.

C’est 1% des gens qui ont signé cette pétition. Je reste sur ma position qui est que, si des gens portent préjudice à l’image de Canal+, on ne financera pas leur film. C’est quelque chose qui va être pris en considération et cela paraît naturel. On n’a, en revanche, jamais changé notre politique, et on ne la changera pas, de diversité du cinéma français.

Maxime Saada, DG de Canal+

Un « avantage compétitif » pour Canal+

Dans le cadre de l’accord de financement, Saada a souligné l’importance de promouvoir la diversité, les premiers films, les nouveaux talents et les films d’animation dans les futurs projets de Canal+. Cela lui permettra de continuer à offrir à ses abonnés des films français, européens et internationaux six mois après leur sortie en salles.

Maxime Saada s’est réjoui que Canal+, en tant que premier financeur du cinéma français, conserve cet « avantage compétitif » face aux plateformes de streaming croissantes.

Il y a une pression importante des acteurs qui souhaitent avancer dans la chronologie de la diffusion, mais je ne souhaitais pas avancer davantage parce que je pensais que ça pouvait commencer à être un problème pour les salles.

Maxime Saada, DG de Canal+

Investissements de 190 millions d’euros entre 2028 et 2030

La chronologie de diffusion des films est devenue un enjeu crucial dans le contexte de la montée en puissance de services tels que Netflix et Disney+. Selon les projections, Canal+ investira 190 millions d’euros dans le cinéma français et européen de 2028 à 2030, puis 205 millions en 2031 et 2032.

C’est la première fois qu’un tel contrat s’étend sur cinq années. « Si on doit construire et faire évoluer son offre, il faut du recul, il faut du temps et donc j’ai toujours été favorable à un accord long », a déclaré Saada.

Qu’est-ce qui a permis de conclure cet accord, qui a été longuement négocié ? « Les producteurs se rendent compte qu’au fond, (…) l’acteur le plus intéressé au financement du cinéma, et plus globalement à l’avenir du cinéma français, c’est quand même Canal », a conclu M. Saada.

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