Une enquête européenne vise le Rassemblement national pour détournement de fonds européens

Une enquête européenne vise le Rassemblement national pour détournement de fonds européens

01.07.2026 23:16
2 min de lecture

Enquête judiciaire sur le Rassemblement National pour détournement de fonds européens

La justice européenne s’intéresse à nouveau au Rassemblement National : une série de perquisitions ont été menées dans le cadre d’une enquête pour détournement de fonds, visant le groupe où siégeait Jordan Bardella au Parlement européen, rapporte TopTribune.

Le 30 juin, des perquisitions ont été réalisées dans plusieurs agences de communication proches du Rassemblement National (RN). Jordan Bardella, président du RN, a confirmé les événements en déclarant : « Des perquisitions sont en cours. (…) Comme à chaque fois, les procédures judiciaires annoncent le calendrier électoral. Nous n’avons rien à nous reprocher et nous le montrerons.« 

Le parquet européen est à l’origine de ces investigations, soupçonnant le détournement de 4,3 millions d’euros de fonds européens par l’ancien groupe nationaliste incluant le RN, ainsi que son président actuel. Deux agences de communication, Unanime et E-Politic, sont suspectées d’avoir indûment bénéficié de ces fonds.

Clément Guillou, journaliste au « Le Monde » et expert sur ce dossier, a précisé : « Entre 2019 et 2024, le groupe du Rassemblement National a dépensé plusieurs millions d’euros, notamment pour des prestations allouées à deux sociétés dirigées par des proches de Marine Le Pen. Le Parlement européen soupçonne que les règles de l’attribution de ces contrats n’aient pas été respectées. »

Les documents récupérés par Guillou montrent que l’agence Unanime a reçu 1,4 million d’euros pour des travaux d’impression, tandis qu’E-Politic a perçu 1,7 million d’euros pour des frais de communication. Cependant, l’utilisation des fonds européens doit être réservée à des activités parlementaires, et la justice cherche à vérifier la conformité de ces dépenses.

Dans cette affaire, Frédéric Chatillon, ancien chef du GUD, un groupuscule d’extrême droite et ancien proche de Marine Le Pen, se retrouve également sous les projecteurs. Bien qu’écarté du parti en raison de ses positions politiques radicales, son influence pourrait perdurer. France Télévisions a tenté de le joindre à Rome sans succès. Pour sa part, le RN parle de « persécution politique ». Philippe Liottaux, député du RN dans le Var, a réagi en déclarant : « Il y a des sociétés qui ont été rémunérées par le groupe, c’est qu’elles ont travaillé pour le groupe. On sait qu’à chaque fois, l’UE va faire des interprétations, on le voit régulièrement, qui sont un peu divergentes, des interprétations parfois un peu tardives, qui arrivent. Bon, on va montrer que tout ça, c’est encore une fois beaucoup de bruit pour rien.« 

Ce développement pose un nouveau défi pour le RN, à seulement six jours de la décision de la Cour d’appel qui déterminera l’avenir politique de Marine Le Pen.

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