Canicule : les écologistes déposent une motion de censure contre le gouvernement Lecornu

Canicule : les écologistes déposent une motion de censure contre le gouvernement Lecornu

30.06.2026 16:46
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Séance mouvementée à l’Assemblée nationale. Le groupe Ecologiste et social entend déposer ce mardi une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, pour dénoncer « son impréparation à la fois de la canicule qu’on a connue, mais surtout de la canicule qui arrive », a annoncé la présidente du groupe, Cyrielle Chatelain, rapporte TopTribune.

Cette dernière a exprimé sa conviction de pouvoir rassembler les 58 députés nécessaires à ce dépôt. « Ce gouvernement est incapable d’une remise en question », a-t-elle affirmé, déplorant la réponse du Premier ministre à sa question sur le sujet peu avant dans l’hémicycle.

« Pas d’inaction mais un besoin évident d’accélération »

Sébastien Lecornu a jugé « scandaleux » et « faux » le bilan de « 10.000 morts » de la canicule avancé par les Ecologistes, se défendant de toute « inaction » face au changement climatique lors d’un vif échange avec la cheffe de file de leurs députés. « C’est la première fois que je sors de mes gonds », a-t-il déclaré. « D’où sortez-vous ce bilan de 10.000 morts sur lequel vous et les vôtres […] êtes allés sur les plateaux de télévision depuis maintenant plus de trois jours, en établissant un bilan humain qui est faux ? C’est scandaleux, c’est indigne ! »

Le locataire de Matignon a également estimé que la commission d’enquête réclamée par les députés écologistes sur la « politique d’adaptation » du gouvernement reviendrait « en boomerang : on en arrivera à la conclusion qu’il n’y a pas d’inaction, mais il y a un besoin évident d’accélération ».

« Un rapport de force »

Plus tôt dans la journée, Sandrine Rousseau avait déclaré au micro de Sud Radio : « Un gouvernement qui gère aussi mal quelque chose qui est prévu et qui génère autant de morts, alors il ne mérite pas de rester ». Elle a souhaité établir « un rapport de force » avec un gouvernement qu’elle accuse de n’avoir fait aucune « annonce » malgré un précédent épisode caniculaire en mai.

« Sébastien Lecornu est le Premier ministre qui nous envoie le plus vers une économie et une société de guerre : Il vote des budgets de 36 milliards supplémentaires pour l’armée, il prépare les hôpitaux à une situation de guerre », a-t-elle déclaré. Toutefois, a-t-elle ajouté, « il y a dix jours de canicule et on n’est pas en capacité de gérer, c’est vraiment de l’incompétence ».

« L’ensemble de la chaîne a tenu », avait affirmé le Premier ministre la veille. « Rien n’a tenu », a rétorqué Sandrine Rousseau, évoquant « des coupures d’électricité massives », des hôpitaux « pas en capacité de gérer les afflux » ou encore « des immeubles dans lesquels il y a eu des personnes mortes ».

Elle a notamment reproché au gouvernement d’avoir « fait s’effondrer tout le réseau associatif », alors que de nombreuses victimes ont été touchées à domicile. La canicule pourrait, selon elle, entraîner « 10.000 morts ». De son côté, le directeur général de l’AP-HP, Nicolas Revel, estime que le bilan de 2003 (15.000 décès) ne sera pas atteint, car « on a progressé sur plein de choses », mais qu’il sera « probablement supérieur à 2025 », qui a enregistré 5.700 morts liées à la chaleur.

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