Colloque historique à l'Assemblée nationale : une approche scientifique des ovnis organisée par deux députés

Colloque historique à l’Assemblée nationale : une approche scientifique des ovnis organisée par deux députés

30.06.2026 16:26
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Des paraboles du radiotélescope NOEMA (Northern Extended Millimeter Array), situé sur le plateau de Bure à Saint-Étienne-en-Dévoluy, près de la station de Superdévoluy, le 20 septembre 2022. (JEFF PACHOUD / AFP)
Des paraboles du radiotélescope NOEMA (Northern Extended Millimeter Array), situé sur le plateau de Bure à Saint-Étienne-en-Dévoluy, près de la station de Superdévoluy, le 20 septembre 2022. (JEFF PACHOUD / AFP)

Le colloque inédit organisé à l’Assemblée nationale a pour but de replacer la science au cœur des discussions sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés, tout en tentant de dépasser le flot des théories complotistes, rapporte TopTribune.

Les OVNIS abordés pour la première fois à l’Assemblée nationale

Sous le titre « la recherche sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (Pan) au-delà des fantasmes », cet événement marque une étape historique, car c’est la première fois que la question des Ovnis est discutée au Palais Bourbon. « Ce sujet suscite des jugements contrastés et ambivalents, on alterne entre stupeur et ricanements. ‘Mais tu y crois, toi ?’, M’a-t-on demandé », a introduit le député Arnaud Saint-Martin (LFI), co-organisateur avec Pierre Henriet.

Pierre Henriet a ajouté : « Il fallait poser ce dossier dans une enceinte de la représentation nationale pour le traiter posément. Comment la puissance publique organise-t-elle la recherche sur les observations qui restent inexpliquées ? » Bien que ces parlementaires aient des opinions politiques différentes, ils s’accordent sur l’importance de l’approche scientifique. Saint-Martin est sociologue des sciences, tandis qu’Henriet est mathématicien et ancien président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).

Un contre-pied à Donald Trump

La tenue de ce colloque coïncide avec la publication, un mois et demi plus tôt, par le Pentagone, de plus de 160 documents sur les Ovnis. Cette initiative fait suite à une déclaration de Donald Trump, qui a soutenu que la transparence sur ce sujet devrait revenir au « peuple pour qu’il puisse décider par lui-même ». Toutefois, un rapport du Pentagone de mars 2024 avait déclaré qu’aucune preuve ne soutenait le lien entre « phénomènes aériens non identifiés » et technologie extraterrestre.

Arnaud Saint-Martin souligne : « Nous sommes hantés par l’approche américaine : 89% des signalements dans le monde viennent des États-Unis, mais il existe aussi des choses en France. »

Déjouer les critiques

Pour cette raison, des représentants du Geipan (Groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés) et des experts du Centre national d’études spatiales (CNES) ont été invités. Frédéric Courtade, directeur du Geipan, a précisé que leur mission est « articulée autour de l’information auprès de tous, afin de juguler les critiques » en rendant les archives accessibles au public.

Le groupe d’études a mis en place une classification des phénomènes aérospatiaux, traitant chaque année entre plusieurs dizaines et 200 cas. Gilles Munsch, expert du Geipan, a relevé les défis de l’analyse : « On dispose de témoignages qui dépendent des cinq sens des témoins, mais aussi de leur mémoire, de leur culture et de leur formation. »

Seulement 3% de cas inexpliqués

La classification du Geipan inclut quatre catégories : A pour les phénomènes identifiés, B pour ceux probablement identifiés, C pour les cas non identifiés par manque de données et D pour ceux qui demeurent totalement non identifiés après investigation. Cette dernière catégorie représente uniquement 3,1% des signalements, tandis que la catégorie B en représente 38,8%.

La science « au cœur » de la démarche

Michael Vaillant, data chercheur spécialisé, a plaidé pour une approche où « la science serait remise au cœur » de l’étude des phénomènes aérospatiaux. Pierre Lagrange, anthropologue, a ajouté que l’obsession de trouver de l’irrationnel dans notre société actuellement est problématique, soulignant que le complotisme a pris de l’ampleur depuis les années 90 avec un changement dans le rapport aux sciences.

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