Jordan Bardella propose de réduire de moitié la contribution de la France au budget de l'UE

Jordan Bardella propose de réduire de moitié la contribution de la France au budget de l’UE

18.06.2026 09:46
2 min de lecture

La proposition de Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), de réduire de moitié la contribution de la France au budget européen, pourrait avoir des conséquences significatives pour l’Union européenne. Dans une récente interview, il a plaidé pour une modification de l’UE depuis l’intérieur plutôt que pour un « Frexit », mettant en avant l’idée de diminuer le montant versé par la France, qui s’élevait à 24,2 milliards d’euros en 2024, pour le porter à 12 ou 15 milliards d’euros, rapporte TopTribune.

Jordan Bardella a précisé que, durant son éventuelle présidence, il souhaiterait demander à la Commission européenne de réduire ses propres dépenses de fonctionnement afin de compenser cette baisse. Toutefois, cette stratégie pourrait susciter une opposition de la part d’autres États membres, et les économies réalisées sur les dépenses de la Commission ne pourraient pas suffire à compenser les milliards que la France cesserait de verser.

Une question de calendrier

La mise en œuvre d’une telle proposition se heurte à des contraintes temporelles, car le budget européen est planifié pour des cycles de sept ans. En ce moment, les États membres sont en pleine négociation pour le budget 2028-2035, avec une anticipation d’accord avant l’élection présidentielle française d’avril 2027.

La contribution de chaque État membre au budget européen est calculée en fonction de son revenu national brut, rappelait François Facchini, professeur à l’université Paris 1. Traditionnellement, la France, tout comme l’Allemagne ou l’Italie, a été un contributeur net au budget de l’UE, ce qui signifie qu’elle paie plus qu’elle ne reçoit. Ce déséquilibre génère des tensions, en particulier entre les pays fondateurs de l’UE, qui constatent une diminution de leur part des dépenses publiques européennes.

Une baisse en 2026

Malgré cela, la France a été bénéficiaire nette en 2023 et 2024 grâce au plan de relance européen instauré pendant la pandémie de Covid-19, incluant 390 milliards d’euros de subventions et 360 milliards d’euros de prêts. Les Montants des contributions sont en constante discussion, et le Parlement européen joue également un rôle essentiel dans ces négociations.

En 2026, il est prévu que la France voit une réduction de sa contribution. Amélie de Montchalin, ex-ministre des Comptes publics, avait expliqué que cette baisse n’était pas un « rabais français », mais le résultat d’un changement dans le mode de calcul des contributions demandé par les contributeurs nets. Ce réajustement a permis à la France de ne verser que 5,7 milliards d’euros au lieu des 7,3 milliards prévus.

La PAC, clé pour la France

Les contributions des pays membres alimentent 92 % du budget de l’UE, utilisées pour des projets dans divers domaines. Près de la moitié du budget est allouée à la réduction des inégalités de développement entre les États membres. La protection de l’environnement représente un quart du budget, incluant la politique agricole commune (PAC), dont les agriculteurs français sont les principaux bénéficiaires en Europe.

Si Jordan Bardella réussit à diminuer drastiquement la contribution française, cela pourrait entraîner une réduction des financements pour des projets européens, y compris la PAC. Une question demeure : serait-il prêt à accepter ce coût politique en cas de victoire aux élections ?

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER