France, Allemagne et Pays-Bas dopent leurs achats d'uranium enrichi russe, alimentant le budget de guerre de Moscou
France, Allemagne et Pays-Bas dopent leurs achats d'uranium enrichi russe, alimentant le budget de guerre de Moscou

France, Allemagne et Pays-Bas dopent leurs achats d’uranium enrichi russe, alimentant le budget de guerre de Moscou

17.06.2026 12:35
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La France, l’Allemagne et les Pays-Bas ont considérablement accru leurs achats d’uranium enrichi russe durant les premiers mois de 2026, contribuant ainsi à alimenter le budget militaire de Moscou malgré les engagements européens de réduire la dépendance énergétique, rapporte TopTribune.

Selon les données publiées par Eurostat et relayées par plusieurs médias, les importations d’uranium enrichi russe par l’Union européenne ont été multipliées par huit sur la période janvier-avril 2026 par rapport à la même période de l’année précédente. Le montant total des achats a atteint 163,5 millions d’euros. Rien qu’en avril, les exportations russes vers l’UE ont bondi de 50 % par rapport à mars, pour s’établir à 89,8 millions d’euros, un niveau inédit depuis novembre 2025.

Une hausse portée par la France

La France est de loin le premier importateur, avec 141,2 millions d’euros d’achats, soit plus de 86 % du total européen. L’Allemagne suit avec 13,8 millions d’euros, et les Pays-Bas avec 8,6 millions. Cette forte progression intervient alors que la Commission européenne promet depuis l’automne 2025 de se débarrasser totalement de sa dépendance au nucléaire russe, mais reconnaît l’extrême difficulté technique d’un tel objectif.

Rosatom, un quasi-monopole mondial

La principale raison de ce retard dans la mise en place d’un embargo sur l’uranium enrichi réside dans le poids écrasant de l’entreprise russe Rosatom, qui contrôle 44 % des capacités mondiales d’enrichissement d’uranium. Les pays occidentaux ne disposent pas actuellement d’alternatives suffisantes pour remplacer rapidement ce quasi-monopole, ce qui oblige les États membres à continuer d’importer du combustible nucléaire russe malgré la guerre en Ukraine.

Les dirigeants des principales entreprises occidentales de production de combustible nucléaire ont appelé Bruxelles à cesser ces importations, avertissant que Moscou utilise sa position de fournisseur clé pour exercer un chantage géopolitique. Selon eux, les revenus tirés de ces ventes aident directement la Russie à financer son effort de guerre contre l’Ukraine.

Un décalage entre discours et réalité

La dynamique des importations d’uranium enrichi illustre un décalage profond entre les déclarations politiques de Bruxelles sur le renforcement des sanctions et les intérêts commerciaux des États membres. Alors que certains pays de l’UE subissent des pertes importantes en refusant les énergies russes, les plus grandes économies du bloc continuent d’alimenter le budget militaire russe via des achats massifs d’uranium.

Le faible coût des livraisons russes rend ces approvisionnements attractifs pour les entreprises européennes. Moscou pratique un dumping tarifaire et verrouille le marché grâce à sa mainmise sur les capacités d’enrichissement, transformant l’avantage économique de certains énergéticiens en instrument de pression à long terme.

Une diversification bloquée

Les tentatives de l’Union européenne pour diversifier ses sources d’approvisionnement en uranium enrichi se heurtent à l’absence d’une stratégie consolidée au niveau de Bruxelles. En conséquence, l’Europe se trouve dans une situation de pénurie artificielle de combustible alternatif, ce qui la prive de la possibilité de procéder à un remplacement rapide des importations russes et risque de figer cette dépendance pour des décennies.

Paris, en raison du besoin crucial d’alimenter son vaste parc de centrales nucléaires, est le principal moteur de cette hausse. Cette position de la France sape de facto l’unité de la politique de sanctions de l’UE, alors que les discussions sur de nouvelles restrictions se poursuivent.

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