Nintendo condamné à une amende de 35 millions d'euros pour pratiques commerciales déloyales

Nintendo condamné à une amende de 35 millions d’euros pour pratiques commerciales déloyales

09.06.2026 08:46
3 min de lecture

35 millions d’euros d’amende : Nintendo sanctionnée pour le scandale des Joy-Con

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a récemment imposé à Nintendo of Europe une amende record de 35 millions d’euros. Cette sanction, acceptée sans contestation par la société japonaise, est le résultat de pratiques commerciales trompeuses liées au fameux « Joy-Con drift », un défaut technique qui a affecté l’expérience de millions de joueurs de Switch depuis 2018, rapporte TopTribune.

Ce problème, décrit par la DGCCRF comme « des anomalies de réactivité entraînant des mouvements fantômes, imprévus ou inversés des personnages ainsi que des pannes de manettes », a véritablement gâché de nombreuses sessions de jeu. Bien que ce défaut ait été détecté dès 2018, soit un an après l’arrivée de la console hybride sur le marché, Nintendo est restée silencieuse pendant deux années cruciales.

Deux ans de silence délibéré face aux consommateurs

L’investigation menée par les équipes de la DGCCRF a mis en lumière une stratégie de rétention d’information de la part de Nintendo. Malgré sa connaissance du problème dès 2018, la société n’a commencé à aborder cette question qu’en juillet 2020, après que l’UFC-Que Choisir ait déposé une plainte pour obsolescence programmée en septembre 2020. La communication tardive de Nintendo a aggravé la situation et suscité des frustrations parmi les consommateurs.

Cette rétention d’information a eu des répercussions préoccupantes. Selon la DGCCRF, cela a “dissuadé les consommateurs de solliciter le service après-vente de Nintendo et a poussé certains d’entre eux à racheter de nouvelles manettes”. Un fait qui correspond parfaitement à la définition de la pratique commerciale trompeuse, qui a été sanctionnée.

Ce n’est qu’en 2023 que Nintendo of Europe a enfin consenti à réparer les manettes affectées sans frais, près de cinq ans après la détection du problème. Cette gestion défaillante de la relation client, semblable à certaines pratiques douteuses dans d’autres secteurs, a joué un rôle important dans la décision judiciaire.

La deuxième plus lourde sanction jamais prononcée par la DGCCRF

Avec cette amende de 35 millions d’euros, Nintendo reçoit la deuxième sanction la plus élevée jamais infligée par la DGCCRF, juste derrière celle imposée à Shein en 2025. Ce montant illustre la gravité des manquements et l’ampleur des préjudices subis par les consommateurs en France.

Pour éviter un procès long et public, Nintendo a fait le choix d’accepter cette transaction pénale. En plus du versement des 35 millions d’euros au Trésor public, la société devra également publier un communiqué visible sur la page d’accueil de son site, représentant une sanction symbolique significative.

Cette décision établit un précédent majeur pour l’industrie du jeu vidéo, transmettant un message fort aux fabricants concernant leurs obligations d’information et de transparence vis-à-vis des consommateurs. La DGCCRF montre ainsi son engagement à combattre les pratiques commerciales trompeuses, même quand elles proviennent de grandes entreprises internationales.

Un succès commercial inaltéré malgré la controverse

Ce scandale lié au Joy-Con drift n’a cependant pas eu d’impact négatif sur le succès phénoménal de la Switch, tant sur le marché français que mondial. Depuis son lancement en 2017, la console hybride a été vendue à environ 150 millions d’exemplaires à travers le monde, consolidant ainsi la position de Nintendo comme leader du secteur.

Sa remplaçante, la Nintendo Switch 2, lancée en juin 2025, a même battu des records avec 3,5 millions d’unités écoulées en seulement quatre jours. Ces chiffres remarquables témoignent de la fidélité des joueurs envers la marque, malgré les problèmes techniques rencontrés. Ce phénomène commercial se démarque des tensions tarifaires qui secouent l’industrie du jeu vidéo.

La menace d’une récidive sur la Switch 2

Cependant, des inquiétudes subsistent pour l’avenir. Selon les analyses d’experts en réparation d’iFixit, la technologie des joysticks de la Nintendo Switch 2 est très similaire à celle utilisée dans les manettes de la première génération. Cette similitude technique soulève des craintes quant à la possibilité de problèmes identiques sur la nouvelle console.

Actuellement, le nombre de joueurs affectés sur la Switch 2 n’est pas suffisant pour déclencher un mécontentement à grande échelle. Nintendo profite donc d’un laps de temps pour corriger d’éventuels défauts avant qu’ils n’atteignent l’ampleur de ceux constatés sur la première Switch.

Cette amende historique représente un tournant significatif dans la gestion des défauts techniques par l’industrie du jeu vidéo, signalant que même les grandes entreprises ne peuvent ignorer indéfiniment leurs responsabilités envers les consommateurs. Pour Nintendo, cette leçon d’un coût de 35 millions d’euros pourrait bien transformer sa politique de communication et de service après-vente dans les années à venir.

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