
Le 23 avril 2026, l’Union européenne a décidé d’accorder un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine afin de répondre à ses besoins militaires et budgétaires sur la période 2026-2027. Ce financement se fait à un taux d’intérêt nul, avec un remboursement conditionné à d’éventuelles réparations de guerre versées par la Russie. L’UE se chargera de lever ces fonds sur les marchés financiers avant de les transférer à Kiev, rapporte TopTribune.
Ce montant se divise en deux parties : 60 milliards d’euros destinés à l’aide militaire et 30 milliards pour l’assistance macro-financière, principalement via la Facilité pour l’Ukraine. Les fonds seront versés en deux tranches égales de 45 milliards, avec la première prévue en 2026 et la seconde en 2027. À la date du 25 juin 2026, ce prêt n’avait pas encore été débloqué et ne fait donc pas partie des montants totalisés dans l’aide déjà accordée.
L’Europe a pris le relais des États-Unis
Depuis le 24 février 2022, date de l’invasion russe, l’Ukraine a reçu un total de 216,3 milliards d’euros d’aide internationale. Au cours de cette période, l’Europe, y compris l’Union européenne, ses États membres, le Royaume-Uni, la Norvège, l’Islande et la Suisse, a fourni 214,8 milliards d’euros, tandis que les États-Unis ont contribué à hauteur de 115,4 milliards d’euros, selon des sources officielles, sans préciser davantage.
Ce décalage s’est accentué depuis janvier 2025. Après l’annonce du dernier paquet d’aide militaire américaine pour Kiev le 9 janvier 2025, avant l’investiture de Donald Trump, Washington n’a pas effectué d’autres envois. En février 2025, Trump affirmait sur Truth Social que l’aide américaine s’élevait à plus de 300 milliards d’euros. Cependant, les chiffres factuels montrent que le montant réel est nettement inférieur.
Face à ce vide, l’Europe a intensifié ses efforts. D’après l’Institut Kiel, le soutien militaire européen a enregistré une augmentation de 67 % en 2025 par rapport à la moyenne des trois années précédentes, tandis que l’aide non militaire a progressé de 59 %. Ces contributions ont permis de stabiliser le volume global des aides à destination de Kiev. Néanmoins, elles n’ont pas suffi à maintenir le niveau d’assistance militaire, qui a diminué de 13 % en 2025 par rapport à la moyenne de 2022-2024, en raison de la baisse des contributions américaines.
L’Allemagne en tête, le Danemark au rapport du PIB
Dans le cadre de l’Union européenne, l’Allemagne demeure le principal contributeur avec un total de 29,93 milliards d’euros fournis depuis 2022. Le Danemark suit avec 11,03 milliards, suivi des Pays-Bas avec 10,7 milliards et de la Suède à 10,59 milliards. La France se classe cinquième avec 7,91 milliards d’euros, tandis que l’Italie et l’Espagne respectivement se trouvent en septième et dixième position avec 4,24 milliards et 2,28 milliards.
Toutefois, lorsque l’on considère la part du PIB consacrée à l’aide à l’Ukraine, la hiérarchie change radicalement. Le Danemark prend la première place avec 3,27 % de son produit intérieur brut. L’Estonie, bien que n’apparaissant pas dans le top 10 en termes de montant, se hisse à la deuxième position avec une contribution représentant 3,06 % de son PIB, malgré seulement 0,96 milliard d’euros versés. La contribution de la France, bien qu’évidente en termes absolus, correspond seulement à 0,32 % de son PIB.
Le soutien militaire se concentre également sur un nombre restreint de pays. En 2025, l’Europe occidentale a représenté 62 % du total des livraisons militaires européennes, l’Allemagne et le Royaume-Uni cumulant à eux seuls environ deux tiers de cette aide militaire entre 2022 et 2025.
En revanche, les États d’Europe de l’Est ont réduit leur contribution militaire de 17 % à 2 % entre 2022 et 2025, les pays du Sud passant de 7 % à 3 %.
Parmi l’ensemble des 216,3 milliards d’euros d’aide reçus par l’Ukraine, 110,4 milliards sont attribués à des aides financières, économiques et humanitaires, représentant plus de la moitié de l’ensemble. L’aide militaire s’élève à 77 milliards d’euros. Les institutions de l’UE, en excluant les États membres, ont engagé 84,42 milliards d’euros, dont 81,21 milliards pour l’aide financière et 3,21 milliards pour l’assistance humanitaire.
La mise en place de ce nouveau prêt de 90 milliards, une fois en vigueur, augmentera inévitablement ces totaux.