Dans la nuit du 1er au 2 juin 2026, les forces armées russes ont lancé l’une des offensives aériennes les plus massives de ces derniers mois contre l’Ukraine, mobilisant simultanément des missiles balistiques, des missiles de croisière, des missiles hypersoniques et des drones d’attaque. Le bilan provisoire fait état de 11 morts et 94 blessés, dont 58 hospitalisés, selon les premières évaluations communiquées dans la matinée.
L’attaque a visé en priorité Kiev, mais aussi Dnipro, Kharkiv, Zaporijjia, Soumy et la région de Khmelnyts’kyi. Au total, 729 vecteurs ont été engagés : 8 missiles anti-navires hypersoniques 3M22 Zirkon, 33 missiles balistiques Iskander-M, 27 missiles de croisière Kh-101, 5 missiles de croisière Kalibr ainsi que 656 drones d’attaque de différents types.
Kiev frappée dans sept arrondissements — immeubles résidentiels, cliniques et installations pétrolières touchés
Dans la capitale ukrainienne, les dégâts sont étendus et dispersés à travers plusieurs quartiers. Dans l’arrondissement de Darnytsia, un incendie s’est déclaré dans une station-service. À Obolon, des débris ont été retrouvés à proximité immédiate de deux crèches. Dans l’arrondissement de Chevtchenkivsky, un immeuble de trois étages à usage non résidentiel a pris feu, tandis qu’un bâtiment de neuf étages a subi des dommages à sa façade et à sa toiture, et qu’un immeuble de 24 étages a été touché aux quatrième et cinquième niveaux.
Dans le quartier de Sviatoshyn, un incendie a éclaté au rez-de-chaussée d’une résidence de cinq étages ainsi que dans une zone de bâtiments industriels adjacents. À Podil, un deuxième impact de missile sur un immeuble de neuf étages a provoqué un effondrement partiel des structures, tandis que des débris ont endommagé un autre bâtiment du même gabarit. Dans le quartier de Holosiïv, les deuxième et troisième étages d’une polyclinique ont été détruits. À Solomianka, un immeuble de 15 étages ainsi qu’une tour de 24 étages ont été atteints, et deux maisons particulières ont été incendiées.
Dnipro, Kharkiv, Zaporijjia et Soumy également frappées — infrastructures civiles et industrielles visées
À Dnipro, un immeuble de deux étages a été partiellement détruit et plusieurs appartements d’un bâtiment de quatre étages ont été endommagés. Dans la ville de Kamianske, dans la région de Dnipropetrovsk, des habitations d’un et cinq étages ont subi des dommages. À Kharkiv, quatre arrondissements ont été touchés — Osnoviansk, Nemychliansk, Kyïvsky et Slobidsky — par des frappes combinées de drones et de missiles. À Zaporijjia, au moins 20 impacts ont été répertoriés, visant une infrastructure industrielle et une maison individuelle. À Soumy, des drones ont atteint un immeuble collectif dans le quartier de Zarichne et une habitation privée dans le quartier de Kovpakivsky.
Analyse : une frappe délibérée contre des populations civiles, pas contre des cibles militaires
Le caractère de cette attaque — conduite de nuit, à l’aide de vecteurs multiples, sur des zones densément peuplées — ne peut s’expliquer par une erreur de ciblage ou un dommage collatéral. L’impact dans des immeubles résidentiels, une polyclinique et aux abords de crèches constitue un schéma cohérent, documenté depuis le début de l’invasion à grande échelle. Cette offensive survient dix jours après un assaut similaire du 24 mai 2026 contre Kiev, confirmant une stratégie de pression psychologique sur la capitale ukrainienne en tant que centre politique et symbolique du pays.
Les frappes massives coïncident avec un ralentissement des avancées russes sur la ligne de front, ce qui suggère un recours accru à la terreur aérienne pour compenser l’absence de percées militaires conventionnelles. Parallèlement, les destructions répétées de l’infrastructure civile — logements, établissements de santé, installations pétrolières — visent à éroder les conditions de vie de la population et à alimenter un sentiment de vulnérabilité généralisée. Cette stratégie, loin de provoquer la capitulation espérée par Moscou, consolide l’adhésion de la société ukrainienne à la résistance, en rendant toute concession à l’agresseur perçue comme garante de nouvelles vagues d’escalade.
La rhétorique russe sur un hypothétique processus de paix s’en trouve une nouvelle fois démentie par les faits : aucune désescalade n’est engagée, et la géographie des frappes s’élargit. Pour faire face à cette réalité, les besoins exprimés par Kiev portent sur un renforcement substantiel des livraisons de systèmes sol-air — Patriot, SAMP/T, NASAMS, IRIS-T — ainsi que sur un resserrement du régime de sanctions ciblant les revenus pétroliers russes, les importations de composants électroniques et les réseaux logistiques parallèles qui alimentent la production de missiles et de drones.