Face à l’avance prise par le Rassemblement National (RN) pour la prochaine présidentielle de 2027, une quarantaine d’élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud, l’écologiste Yannick Jadot et l’eurodéputé Raphaël Glucksmann (Place publique), ont appelé samedi à « construire » un « projet crédible et mobilisateur », rapporte TopTribune.
S’alarmant d’une « percée inédite de l’extrême droite » aux élections municipales, ces responsables, parlementaires et élus locaux estiment que la gauche et les écologistes « reculent dramatiquement dans les territoires ruraux et péri-urbains », dans une tribune parue sur un nouveau site, « construire2027 », et relayée par plusieurs titres de presse (Ouest-France, Ebra, La Dépêche, Sud-Ouest, Le Télégramme).
« Les condamnations morales ne suffisent plus »
« Des pans entiers de nos élites se résignent et se préparent à la bascule annoncée de la France dans le camp trumpiste et poutiniste », s’inquiètent encore les premiers signataires de ce texte. « Nous ne nous résignons pas à la victoire du Rassemblement National en 2027 […] Nous voulons gagner maintenant », insistent-ils. Parmi eux : des cadres socialistes, comme le patron des sénateurs Patrick Kanner, et des opposants internes au Premier secrétaire Olivier Faure, comme la patronne de la région Occitanie Carole Delga ou le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, mais aussi plusieurs maires, élus locaux et quelques parlementaires écologistes, communistes ou de Place publique.
Alors que la gauche, hors France insoumise, se divise sur le mode de désignation d’un candidat à la présidentielle, ils appellent à « opposer à l’extrême droite un espoir pour le pays, un projet crédible et mobilisateur ». Pour ces signataires, les « condamnations morales, les comparaisons historiques avec les années 30 et les rapprochements avec l’Amérique de Trump, la Hongrie d’Orban ou la Russie de Poutine, aussi pertinents et inquiétants soient-ils, ne suffisent plus ».
« De qui se moque-t-on chez les supposés grands unitaires de la gauche ? »
Dans leur appel, qui doit être ouvert aux signatures du public en ligne, ils jugent que seule la construction d’un « projet à vocation majoritaire » et de « l’équipe qui le mettra en œuvre » permettra de faire émerger la « candidature de large rassemblement » à la présidentielle, sans se prononcer sur un mode de désignation.
Vendredi, la patronne des Écologistes Marine Tondelier avait adressé un courrier aux autres partis de gauche, hors LFI, proposant de créer un « socle » programmatique « partagé ». Ce courrier a vivement fait réagir Sandrine Rousseau, dénonçant le comportement des élus sur Bluesky : « J’apprends que la direction de mon parti, sans aucun mandat, envoie une lettre pour un socle programmatique commun de Glucksmann à Roussel, en excluant LFI. Cela sans aucun vote interne, aucune consultation. De qui se moque-t-on chez les supposés grands unitaires de la gauche ? »