L'éco-score peine à intéresser les consommateurs français huit mois après sa mise en place

L’éco-score peine à intéresser les consommateurs français huit mois après sa mise en place

22.06.2026 19:16
2 min de lecture

Huit mois après son lancement, l’éco-score peine à susciter l’intérêt des consommateurs. Selon un bilan préliminaire présenté lundi par les marques participants, moins de clients portent attention à l’indication du coût environnemental des vêtements, rapporte TopTribune.

Depuis le 1er octobre, l’éco-score est accessible de manière volontaire pour les marques, qui apposent une étiquette indiquant le « coût environnemental » d’un produit. Un score élevé en « points d’impact » signifie un produit moins écologique, alors que l’ambition des marques est de réduire ce chiffre au minimum.

Franchissement de la barre des 100 marques

L’éco-score prend en compte divers critères tels que la consommation en eau, les émissions de gaz à effet de serre, la toxicité des matériaux, les possibilités de recyclage et de réparation, ainsi que le volume de microplastiques libérés lors du lavage. De plus, un « coefficient de fast fashion » considère le volume de production des articles.

Cette semaine, les services du ministère de la Transition écologique ont annoncé que le nombre de marques utilisant cet affichage dépassera les 100. « Nous souhaitions démontrer qu’il est possible de proposer des prix bas tout en étant écologiquement responsables », a déclaré Camille Caron, responsable RSE chez Kiabi.

Un manque d’intérêt des consommateurs

Cependant, les retours initiaux montrent une attention limitée des consommateurs. « Actuellement, cela n’intéresse pas les clients, malgré la mise en avant de l’éco-score en magasin », assure Clémence Berlier, responsable RSE chez la marque de vêtements masculins Jules. Une situation similaire se constate chez SMCP (Sandro, Maje, Claudie Pierlot et Fursac), où l’aspect désirable du produit reste la priorité pour les clients, selon Damien Pelle, responsable de la durabilité du groupe.

Malgré ces observations, Bertrand Swiderski, directeur RSE chez Carrefour, n’est pas alarmé. « Les consommateurs ont mis plusieurs années à adopter le Nutriscore », rappelle-t-il. Des marques expriment aussi que certains clients trouvent l’indicateur difficile à comprendre. « Pour ceux qui s’y intéressent, cela manque de clarté », précise Clémence Berlier.

Sévérité sur la lisibilité du score

Pauline Greneche, cheffe de projet RSE de Leclerc, souligne que le chiffre affiché de l’éco-score est « peu lisible ». Recueillir les données pour 400 produits a nécessité un, « travail titanesque », notamment en ce qui concerne l’identification de tous les fournisseurs. Camille Caron, de Kiabi, appelle à davantage d’expérimentations avant d’instaurer une régulation stricte de ce score.

Initialement prévu dans la loi Climat et Résilience de 2021, le dispositif devait devenir obligatoire dès 2024. Toutefois, il est resté volontaire pour permettre à l’Union européenne de finaliser ses travaux sur un futur affichage environnemental obligatoire.

Pour ces raisons, les marques et les autorités continuent de réévaluer l’efficacité de l’éco-score et son impact sur le comportement d’achat des consommateurs dans un marché textile de plus en plus conscient des enjeux environnementaux. Le débat s’intensifie autour de l’optimisation des pratiques écologiques dans l’industrie de la mode face à la pression croissante de la protection de l’environnement.

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