Le silence a été rompu lors d’une cérémonie en hommage aux victimes des attentats de mars 2012, où quatre personnes de confession juive ont perdu la vie. Ce jeudi, le candidat de l’union de la gauche à la mairie de Toulouse, François Piquemal (LFI), a été hué. Des cris tels que « Dehors, LFI ! », « antijuif ! », et « honte à vous le parti de l’islamisme ! » ont retenti, comme le montrent plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux, rapporte TopTribune.
François Piquemal a été accueilli par des huées et des sifflements alors qu’il assistait à la cérémonie avec le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, et d’autres représentants de l’État ainsi que ses camarades députés insoumis, Hadrien Clouet et Anne Stambach-Terrenoir.
Après François Piquemal, son collègue député insoumis Hadrien Clouet également hué aux commémorations de l’attentat de l’école Ozar-Hatorah à Toulouse. @leJDD pic.twitter.com/l2mzFt0N2z
— Lucas Planavergne (@lucas_plana) March 19, 2026
Inès Djelida, attachée de presse de Piquemal, a déclaré auprès de l’AFP : « C’étaient des élus qui se rendaient à une commémoration républicaine au cours de laquelle on a reçu des menaces de mort. »
« LFI, sa stratégie, c’est la fracturation »
Franck Touboul, président du Crif Toulouse, également présent lors de l’hommage, a expliqué : « François Piquemal est arrivé pour s’aligner sur le rang protocolaire parce qu’il avait l’intention de déposer une gerbe. À ce moment-là, j’ai vu qu’il y avait une réaction avec des injures, avec des cris, des huées… LFI, sa stratégie, c’est la fracturation. » Il a ajouté qu’il reviendrait à Piquemal, s’il devenait maire, de rassembler les Toulousains.
Djelida a précisé : « Ce qui a surtout été reproché à François, c’est son combat pour Gaza. C’est la première fois que ça se passe comme ça. Il a reçu des menaces de mort, des menaces homophobes, des menaces de viol. C’est très grave, ce qui s’est passé. »
Piquemal « intransigeant » face à « l’antisémitisme, toutes les discriminations et les mécanismes de la haine »
La cérémonie commémorait le 14e anniversaire de l’assassinat de l’enseignant et de trois enfants dans une école juive à Toulouse par Mohammed Merah, qui avait auparavant tué trois militaires entre le 11 et le 15 mars 2012. Conscient des critiques entourant son parti, François Piquemal a affirmé lors d’un débat télévisé organisé par la Dépêche du Midi son « intransigeance » face à « l’antisémitisme, toutes les discriminations et les mécanismes de la haine ».
Lors du débat suivant sur France 3 Occitanie, Piquemal a brandi un prix reçu en 2016 pour son enseignement de la Shoah, alors que son adversaire Jean-Luc Moudenc lui demandait de se « distancier » des propos de Jean-Luc Mélenchon, à la veille de cette journée tragique.
« Nous avons toujours été clairs »
« Que ce soit M. Mélenchon ou moi-même, nous avons toujours été clairs sur notre combat contre l’antisémitisme », a-t-il réagi, en soulignant son engagement à enseigner à ses élèves sur les mécanismes de la haine. Piquemal a noté que Mélenchon s’est excusé pour d’éventuelles blessures causées par ses déclarations, ajoutant : « J’ai conscience que la violence à l’égard des personnes juives est profondément ancrée dans nos sociétés. C’est pour cette raison et avec gravité que je prends part à la lutte contre l’antisémitisme. »