La surpêche en France : plus de 320.000 tonnes de poissons capturées chaque année selon l'Ifremer

La surpêche en France : plus de 320.000 tonnes de poissons capturées chaque année selon l’Ifremer

20.02.2026 10:16
3 min de lecture

Chaque année, plus de 320 000 tonnes de poissons sont pêchées en France, selon l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer. Ce chiffre révèle l’ampleur d’une industrie qui utilise des méthodes de pêche intensives, notamment des chaluts pélagiques qui représentent un tiers des captures dans les Zones Économiques Exclusives françaises, rapporte TopTribune.

Des navires usines sur nos côtes

Les chaluts pélagiques, de véritables navires-usines, opèrent en plein mer, exploitant un système de grands filets pour capturer le maximum de poissons sans distinction. Parallèlement, d’autres méthodes telles que les chaluts de fond, qui raclent les fonds marins, et la pêche à la senne, qui piège les bancs de poissons, exacerbent les problèmes d’extinction des espèces.

Quand la pêche dépasse les limites

La situation est alarmante. Selon l’Ifremer, certaines populations de poissons, comme le maquereau, le saumon et le cabillaud, connaissent un déclin dramatique. Ces espèces ne peuvent pas se renouveler suffisamment, mettant en péril l’écosystème marin. De plus, cette catastrophe écologique affecte d’autres espèces telles que les dauphins, les tortues de mer et les oiseaux marins, souvent pris au piège dans les filets. En réponse à cela, une trêve de la pêche hivernale a été instaurée en 2023 dans le Golfe de Gascogne pour réduire la mortalité des dauphins.

Pour garantir la protection des océans, il est crucial d’adopter des pratiques de pêche durable, qui s’opposent à la pêche de masse. La pêche durable se concentre sur des méthodes plus sélectives, telles que la pêche à la ligne.

La vérité cachée derrière les quotas

Une autre solution à la crise de la pêche réside dans l’établissement de quotas. Ceux-ci désignent les volumes de poissons autorisés à être capturés, basés parfois sur des avis scientifiques concernant l’état des populations. En 2026, le quota de captures de maquereaux a ainsi été réduit de 70 % en France en raison de leur déclin.

Cependant, cette approche cache un problème majeur : l’association BLOOM révèle que seulement 3 % des navires de pêche accaparent 50 % des ressources maritimes. Cela place les petits pêcheurs artisanaux dans une position désavantageuse.

Frédéric Le Manach, Directeur scientifique de BLOOM, évoque l’opacité de ce système : « Ces quotas sont évalués au niveau Européen. Ce sont les scientifiques qui estiment les populations halieutiques, quelle est la taille totale du gâteau, puis, les ministres des États de l’Union Européenne décident de la façon dont le gâteau est réparti. »

Cette décision laisse entrevoir des pratiques contestables, où des espèces que pourraient cibler des petits artisans sont souvent attribuées à de grands navires appartenant à des multinationales. Actuellement, 13 Organisations de Producteurs en France se partagent les quotas, avec FROM NORD, basée à Boulogne-sur-Mer, qui détient à elle seule 44 % du quota national.

Ces grandes organisations attribuent cette ressource à deux navires de plus de 80 mètres, dont chacun peut pêcher jusqu’à 150 000 kg de poissons par jour. En effet, ces navires “français” appartiennent principalement à des multinationales néerlandaises, privant ainsi environ 1 000 petits pêcheurs artisanaux d’une part significative de leur potentiel de capture.

Une seule chose à savoir : la technique de pêche

Pour choisir des poissons sans contribuer à la dégradation des océans, Frédéric Le Manach suggère de se concentrer sur la méthode de capture : « On doit être à même de savoir si le poisson qu’on achète a été pêché à la ligne, au chalut ou filet. »

Voici quelques conseils pour une consommation responsable :

  • Manger des poissons pêchés sur les côtes françaises, en privilégiant la pêche durable comme la pêche à la ligne, tout en évitant la pêche au chalut.
  • Éviter les poissons en haut de la chaîne alimentaire, comme le saumon, le thon ou le cabillaud, et privilégier des alternatives comme la dorade ou le tacaud.
  • Se méfier des labels sur les emballages, souvent peu fiables.
  • Végétaliser son alimentation autant que possible.

Il est à noter que lorsque des protections robustes et durables, telles que les trêves de pêche, sont instaurées, les résultats peuvent être probants. Un rapport de l’Observatoire Pelagis a montré qu’en un mois de trêve hivernale dans le Golfe de Gascogne, 60 % des dauphins ont été épargnés et certaines populations de poissons protégées ont montré des signes de recrudescence.

Une démonstration claire que la nature peut se régénérer lorsqu’une protection adéquate est mise en place.

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