Pollution par microplastiques provenant des pneus détectée dans le lac d'Annecy

Pollution par microplastiques provenant des pneus détectée dans le lac d’Annecy

16.01.2026 12:56
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Régulièrement présenté comme « l’un des plus purs d’Europe », le lac d’Annecy (Haute-Savoie) est confronté à une problématique de pollution par les microplastiques issus des pneus de voiture, selon une étude de l’association France Nature Environnement. Des prélèvements réalisés dans le lac ont révélé des risques potentiels pour la santé, rapporte TopTribune.

Entre mars et avril 2025, une équipe de journalistes d’investigation scientifique de France 5 a effectué des analyses sur l’eau du lac, la qualité des sédiments, l’eau potable du robinet, l’air ambiant, ainsi que des examens urinaires auprès de volontaires.

40 kilomètres d’autoroute autour du lac

Le lac d’Annecy est entouré par environ 40 kilomètres d’autoroute, sur laquelle circulent jusqu’à 25.000 véhicules par jour. Cette circulation automobile entraîne une abrasion des pneus, produisant 1.954 molécules différentes, dont 785 sont liées à de « graves risques pour la santé humaine et l’environnement », selon les indications de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).

Les résultats de l’étude montrent que les plus fortes concentrations de ces particules d’usure ont été relevées dans les eaux de ruissellement et les sédiments proches des routes, ainsi que dans un échantillon prélevé près du rivage, peu après une pluie.

Des niveaux préoccupants de produits chimiques dans l’eau

De plus, des concentrations significatives de produits chimiques associés aux pneus, tels que le 6PPD et le 6PPD-Q, ont été détectées à la limite de la route la plus fréquentée de la ville. Un échantillon d’eau du lac pris près d’un rejet d’eaux de ruissellement routier contenait des niveaux de 6PPD-Q « comparables à ceux mesurés dans les rivières Zhujiang et Dongjiang à proximité de Canton, en Chine ».

Un autre échantillon, issu du même secteur, affichait des concentrations de 6PPD-Q « proches de la moyenne observée à Seattle, où des recherches ont montré que le 6PPD-Q était létal pour une espèce de saumon ». En tout, il a été constaté qu’un échantillon d’eau du lac « contient jusqu’à 12 additifs issus de l’abrasion de pneus », dont plusieurs sont connus pour leur toxicité sur la biodiversité aquatique.

Les chercheurs ont également noté que les particules présentes dans l’air ambiant étaient similaires à celles observées à Paris et dans d’autres grandes villes françaises.

Une ressource en eau potable menacée

François Astorg, le maire écologiste d’Annecy, a salué les efforts de recherche et a demandé la réalisation d’études supplémentaires concernant « un échantillon de la population vivant autour du lac ». Notons que l’approvisionnement en eau potable de l’agglomération provient à 73 % du lac, susceptible d’être affecté par cette pollution croissante.

Les analyses ont été effectuées par l’Institut norvégien pour la recherche sur l’eau (NIVA) et le laboratoire central de l’environnement de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui souligne que la poussière des pneus représente la principale source de microplastiques en mer, estimant qu’elle représente jusqu’à 28 % de la contamination.

Face à ce constat alarmant, la communauté locale doit maintenant envisager des mesures de prévention pour protéger la qualité de l’eau du lac d’Annecy. Ces découvertes soulèvent non seulement des préoccupations pour la santé publique, mais également pour la biodiversité de cette région renommée pour sa beauté naturelle.

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