Les apiculteurs français en détresse face aux ravages des frelons asiatiques

Les apiculteurs français en détresse face aux ravages des frelons asiatiques

29.11.2025 08:07
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La situation pour les apiculteurs de Sains-Richaumont, un village de l’Aisne de 1.000 habitants, est devenue tragique en raison d’une invasion persistante de frelons asiatiques. « Je me sens impuissant. Je ne peux rien faire, ils sont trop nombreux. J’en avais 18 au mois de mai. Il ne m’en reste plus qu’une. Et je ne suis même pas sûr qu’elle passe l’hiver. Je n’avais jamais vu ça. Nous avons été envahis, » témoigne Patrick Walle, apiculteur passionné. Sa détresse n’est pas unique, car de nombreux habitants ont vu leurs ruches décimées au cours de l’été, ce qui a entraîné la destruction de 17 nids de frelons dans la région, rapporte TopTribune.

Le frelon asiatique, qui est présent en France depuis 2004, a causé des ravages au sein des colonies d’abeilles, menant à une perte alarmante de la biodiversité. Patrick Walle est également trésorier de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) et a tenté d’alerter sur l’ampleur du problème. Les frelons ne se contentent pas de décimer les abeilles, mais s’attaquent également à d’autres insectes tels que papillons et guêpes. L’invasion s’est intensifiée au fil des ans, et les apiculteurs se retrouvent démunis face à ce fléau.

Un prédateur de plus en plus menaçant

La situation s’est aggravée cet été, où une combinaison de chaleur et d’humidité a favorisé une prolifération explosive de ces insectes ravageurs. Henri Clément, président de l’Unaf, souligne que la saison avait pourtant bien commencé pour les abeilles, mais la perspective de pertes massives s’est ouverte à partir du mois d’août. « C’est un véritable carnage. On a des apiculteurs qui ont tout perdu en quelques semaines. Je pense qu’on va en perdre beaucoup pendant l’hiver, » prévoit-il. Le réchauffement climatique ne fait qu’amplifier ce phénomène, prolongant les attaques jusqu’à tard dans l’automne sans conditions climatiques suffisantes pour endiguer leur prolifération.

Absence d’actions concrètes

Face à cette situation alarmante, l’Hexagone peine à adopter des mesures efficaces. Malgré l’adoption d’une loi au printemps dernier destinée à lutter contre le frelon asiatique, aucun décret d’application n’a encore été mis en place six mois plus tard. Patrick Granziera, ancien président de l’Unaf, avait mis en avant que les préfets seraient tenus d’intervenir pour lutter contre cette menace; pourtant, jusqu’à présent, peu de progrès ont été réalisés. Henri Clément exprime son désespoir : « On n’a toujours aucun décret d’application. Rien. Et d’après ce qu’on entend, cette loi ne servira à rien. »

Cette impasse réglementaire a des conséquences non seulement sur l’apiculture, mais également sur la santé publique. De plus en plus d’incidents d’attaques de frelons sur des personnes sont rapportés, notamment lors de marchés ou dans les vignes, aggravant ainsi le sentiment d’insécurité au sein des communautés rurales. « Ils sont partout, » martèle-t-il.

Appels à une action urgente

Dans sa pétition lancée récemment, l’Unaf appelle le gouvernement français à agir rapidement. L’un des points cruciaux est la demande d’indemnisations pour les apiculteurs touchés, tout en soulignant que des efforts sont déjà réalisés pour les éleveurs victimes d’autres prédateurs comme le loup ou l’ours. De plus, l’association demande des campagnes de piégeage de grande échelle pour capturer les reines avant la saison de reproduction au printemps. En capturant les reines en février et mars, il est possible de réduire la formation de nouveaux nids. Cependant, une coordination stricte est nécessaire, sans quoi les efforts d’une seule commune risquent de rester vains.

Les apiculteurs espèrent que le gouvernement prendra enfin au sérieux la situation. « Si une commune le fait, mais pas celle d’à côté, ça ne sert à rien, » conclut Patrick Walle, rappelant l’urgence d’une mobilisation collective. Alors que la survie des abeilles et la sécurité des habitants sont en jeu, des décisions fermes sont attendues pour contrer cette menace grandissante.

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