Les sénateurs critiquent la suspension de la réforme des retraites en commission

Les sénateurs critiquent la suspension de la réforme des retraites en commission

16.11.2025 04:16
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Sans surprise, la suspension de la réforme des retraites votée par l’Assemblée nationale n’a pas traversé le premier filtre au Sénat. Depuis samedi, les sénateurs de la commission des Affaires sociales ont proposé d’amender plusieurs mesures adoptées par les députés, y compris la très sensible « suspension » de la réforme Borne de 2023, rapporte TopTribune.

Le Sénat a entamé un examen approfondi du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Cette étape préliminaire a permis aux sénateurs de droite et du centre, qui dominent la chambre haute, de marquer leurs intentions en prévision de l’examen du texte prévu à partir de mercredi.

Une concession de Lecornu au PS

La majorité sénatoriale a clairement exprimé son désaccord sur la mesure centrale du projet de loi : la « suspension » de la réforme des retraites jusqu’à janvier 2028. Accordée par le Premier ministre Sébastien Lecornu au Parti socialiste, cette mesure a été largement annulée par les sénateurs en commission, d’après plusieurs participants.

« C’est de la poudre de Perlimpinpin », a exprimé la sénatrice Les Républicains Pascale Gruny en commission, notant que le financement de la mesure reposerait « sur les retraités eux-mêmes ». Étayant cette position, la rapporteure générale centriste Élisabeth Doineau a affirmé auprès de l’AFP que « le Sénat ne peut pas se renier sur une réforme qu’il a soutenue depuis des années ».

Amélie de Montchalin appelle « au compromis »

La gauche a vivement critique cette décision. Bernard Jomier (groupe socialiste) a déploré que « la majorité sénatoriale se met dans une posture de refus de tout accord et de tout compromis ». Interrogée par Le Parisien, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a, de son côté, exhorté les sénateurs à « œuvrer au compromis » en prévenant qu’une suspension de cette réforme serait en jeu si le budget est voté.

Ce rétablissement ne préjuge en rien de l’issue des débats sur ce texte, qui continuera son parcours au Parlement jusqu’au début décembre. Les sénateurs reprendront le texte qui leur a été transmis, soit la version récemment modifiée par les députés avant l’interruption des discussions. Tous les amendements adoptés en commission devront donc être soumis à un nouveau vote au Sénat dans son ensemble.

Les divergences avec les députés s’annoncent nombreuses. Le samedi passé, les sénateurs ont proposé en commission de geler, en 2026, les prestations sociales, habituellement indexées sur l’inflation. L’Assemblée avait majoritairement supprimé cette mesure durant son examen. De plus, le gel des pensions de retraite, également annulé par les députés, a été rétabli en commission, bien que les sénateurs aient décidé de préserver, à ce stade, les pensions de retraite inférieures à 1.400 euros, selon plusieurs participants.

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