La protection du corail breton urgentement mise en lumière face aux menaces de la pêche commerciale

La protection du corail breton urgentement mise en lumière face aux menaces de la pêche commerciale

21.04.2026 08:26
2 min de lecture

Les îles Chausey menacées par la pêche commerciale

Les îles Chausey, situées à quelques kilomètres des côtes normandes et bretonnes, sont un véritable sanctuaire de biodiversité marine, abritant homards, bars et palourdes. Classées en zone Natura 2000, leurs eaux bénéficient d’une protection stricte. Cependant, la pêche commerciale, notamment celle de la coquille Saint-Jacques, se poursuit dans des zones réglementées, soulevant des inquiétudes quant à l’impact des méthodes de dragage et de chalutage sur l’écosystème. Ces techniques abîment le fragile milieu sous-marin en raclant les fonds marins, rapporte TopTribune.

La problématique du maërl, aussi connu sous le nom de corail breton, se pose alors que plusieurs associations et ONG lancent une campagne de sensibilisation et une pétition visant à interdire certaines pratiques de pêche. Cette algue à croissance lente, vitale pour l’écosystème, fait face à un risque d’extinction.

« En France, tout le monde connaît la barrière de corail et sait à quel point il est important de la protéger. Mais personne ne connaît le maërl », déclare Laura Touvet, présidente de l’association Manche Nature. Elle souligne que parmi les 400 membres de son association, nombreux sont ceux qui ignorent l’existence de cette précieuse algue qui, comme la barrière de corail, abrite plus de 1.500 espèces marines. Cela devient inquiétant, car cette espèce croît à un rythme extrêmement lent, de l’ordre d’un millimètre par an, selon Marie Colombier, chargée de campagne de l’Environmental Justice Foundation. Cette ONG a initié la campagne « Chausey trésor rose » pour tenter d’interdire la pêche, afin de protéger cet habitat unique.

Une pression accrue pour protéger l’écosystème

En cours d’analyse des risques liés à la pêche, les associations exercent des pressions sur l’État pour interdire les méthodes destructrices comme le chalutage de fond et le dragage. « Ce n’est même pas la pêche qui est le problème, mais la destruction des écosystèmes. Ça racle tout, détruisant les zones d’alimentation et de reproduction », insiste Laura Touvet. Elle rappelle que toutes les études scientifiques signalent la dégradation des écosystèmes. Malgré les alertes, l’exploitation continue, en raison d’intérêts socio-économiques bien ancrés.

« Nous ne demandons pas une interdiction totale de la pêche, mais un changement de pratiques », souligne Marie Colombier, insistant sur la nécessité d’une transition vers des méthodes durables et un accompagnement des pêcheurs.

Dimitri Rogoff, pêcheur expérimenté, défend lui aussi la nécessité d’un équilibre. « Pour moi, c’est l’un des plus beaux endroits du monde. Il faut le protéger. Certes, il y a un impact, mais il est important de ne pas blâmer uniquement les petits bateaux. Ils respectent des zones réglementées », précise-t-il. Rogoff plaide pour une pêche raisonnée et évoque les efforts en cours pour déterminer les pressions soutenables par l’environnement. « Les pêcheurs ne font pas n’importe quoi, leur survie en dépend. Nous ne sommes qu’un pion dans le système », conclut-il.

Dans le contexte de renforcement de la protection de l’environnement, l’archipel voisin de Jersey a récemment mis en place des zones d’interdiction de pêche. Les associations espèrent que ces mesures inciteront à adopter des pratiques similaires afin de préserver le corail breton. Le maërl, dont l’habitat est également menacé ailleurs, est sous surveillance à travers la Bretagne et la Normandie. D’après l’Office Français de la Biodiversité, les relevés dans l’anse du Poulmic montrent une forte dégradation de cet écosystème au cours des dernières années. L’agriculture, par l’excès de nutriments qui pollue les eaux, exacerbe également la situation.

Les enjeux de la préservation de la biodiversité marine s’avèrent donc cruciaux dans un contexte où la pression économique et les débats sur la durabilité des ressources maritimes se multiplient.

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