38 milliards de dollars et pénuries de munitions : bilan de la guerre américaine contre l'Iran.

38 milliards de dollars et pénuries de munitions : bilan de la guerre américaine contre l’Iran.

17.09.2026 07:16
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Depuis le début de la guerre contre l’Iran, les États-Unis ont engagé un coût d’environ 38 milliards de dollars, comme le révèle une évaluation du Bureau du Congrès pour le budget (CBO) publiée le 15 septembre 2026. Cette estimation s’arrête à début août 2026, soit cinq mois après le déclenchement des hostilités, qui a eu lieu le 28 février 2026, rapporte TopTribune.

Ce chiffre se rapproche des propos tenus en juillet devant le Congrès par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, qui avait alors mentionné un total de 37,7 milliards de dollars. La somme totale inclut les munitions, le matériel utilisé dans les opérations militaires, ainsi que la hausse soutenue des coûts en carburant pour les forces américaines.

Le CBO avertit que cette charge financière risque d’augmenter. Si l’intensité des combats diminue, elle pourrait grimper de 2 milliards de dollars par mois. Cependant, si les affrontements s’intensifient, comme cela a été observé récemment, la facture pourrait atteindre jusqu’à 3 milliards de dollars mensuels, en grande partie due aux munitions nécessaires.

Un stock de missiles intercepteurs déjà entamé entre la moitié et les deux tiers

Le remplacement des munitions déjà utilisées dans ce conflit devrait coûter environ 21,7 milliards de dollars, d’après le CBO. Selon les informations du Wall Street Journal, la recharge des stocks de missiles serait estimée à près de 22 milliards de dollars, dont environ 7 milliards pour les missiles de croisière d’attaque terrestre et 13 milliards pour les intercepteurs de défense antimissile.

Comme souligné par ABC News, le rapport indique que rebâtir ces stocks pourrait nécessiter jusqu’à cinq ans à cause du manque de matériaux et de main-d’œuvre. Ce manque devient problématique face à un adversaire possédant une grande quantité de missiles balistiques et de croisière.

Concernant les intercepteurs, l’agence budgétaire s’inquiète particulièrement de leur disponibilité. En comparant les coûts engagés à la quantité de missiles achetés, elle estime que les États-Unis auraient probablement utilisé entre la moitié et les deux tiers de leurs réserves depuis juin 2025.

Cette situation confirme une pénurie que l’administration Trump avait largement évitée de reconnaître. Un rapport de l’inspecteur général du Pentagone, publié le 14 septembre 2026, réaffirme également les inquiétudes quant aux délais de reconstitution. À ce sujet, le Pentagone n’a pas fourni d’informations au CBO et a gardé le silence sur ces chiffres auprès des médias américains.

Une facture qui pèse aussi sur l’inflation

Le CBO note un impact sur les prix aux États-Unis, en raison des disruptions d’approvisionnement en pétrole et en gaz accentuées par la décision de Téhéran de verrouiller le détroit d’Ormuz, une route essentielle pour le commerce hydrocarbures. En se fondant sur l’indice PCE, l’agence a ajusté à la hausse ses prévisions d’inflation pour le premier trimestre 2027, augmentant celles-ci de 0,5 point par rapport aux estimations de février 2026.

En parallèle, l’inflation sous-jacente, excluant l’énergie et les produits alimentaires, a également été revalorisée de 0,3 %. Cette montée des prix pourrait mécaniquement entraîner une augmentation des taux d’intérêt obligataires, selon le CBO.

Cet examen a été commandé par plusieurs parlementaires démocrates et intervient alors que Pete Hegseth a demandé cet été 67 milliards de dollars supplémentaires au Congrès pour soutenir l’effort de guerre, malgré une popularité en déclin pour ce conflit. Les frappes américaines ont repris en Iran le 1er septembre 2026, après un mois de calme relatif dans le détroit d’Ormuz et une phase de négociations. Marco Rubio, le ministre des Affaires étrangères, a d’ailleurs écarté toute possibilité de renouer le dialogue avec Téhéran tant que celui-ci persistera dans sa quête de l’armement nucléaire.

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