Décès de l’artiste Yayoi Kusama à 97 ans, une icône de l’art contemporain
Yayoi Kusama, connue comme la « reine des pois », est décédée le 14 août 2026 à l’âge de 97 ans, a annoncé sa société jeudi, provoquant une vague d’hommages de ses admirateurs à travers le monde, rapporte TopTribune.
Artiste avant-gardiste née en 1929 dans une famille aisée, Kusama a commencé à exprimer ses hallucinations et traumatismes à travers des œuvres vibrantes, mêlant ses motifs emblématiques de pois, de filets et d’infini. Au cours de sa carrière, elle a su transformer son parcours en s’imposant sur la scène artistique mondiale, avec un impact majeur tant dans les arts visuels que dans la performance.
« Tout au long d’une vie extraordinaire entièrement consacrée à la création artistique, Yayoi Kusama a mené une carrière saluée dans le monde entier en tant qu’artiste d’avant-garde pionnière, dont la pratique créative englobait les arts visuels, la performance, la fiction et la poésie », a déclaré sa société.
Le texte de l’annonce poursuit : « Elle a continué à peindre jusqu’à ses derniers jours, sans jamais poser son pinceau, et a poursuivi son exploration de l’amour éternel et de l’âme immortelle ». En 2023, Kusama a été mise en lumière avec une exposition remarquable célébrant son œuvre à la boutique de Louis Vuitton aux Champs-Élysées, où une poupée géante à son effigie ornait la façade.
Un parcours artistique marqué dès l’enfance
Dès l’âge de 10 ans, Kusama a commencé à créer des œuvres qui révélaient ses visions. Elle a décrit un moment de révélation dans son autobiographie : « Un jour, après avoir vu sur un bureau une nappe ornée d’un motif de fleurs rouges, j’ai aperçu le même motif de fleurs rouges partout sur le plafond, les fenêtres et les piliers. Il emplissait la pièce et recouvrait mon corps ». Sa signature visuelle, reconnaissable à sa perruque rouge et ses tenues à pois audacieuses, a servi de vecteur pour sa lutte contre la maladie mentale.
Ayant étudié l’art au Japon, Kusama s’est installée aux États-Unis à la fin des années 1950, devenant une figure emblématique de la scène avant-gardiste new-yorkaise. Malgré les préjugés auxquels elle a été confrontée en tant que femme japonaise, elle a marqué les esprits par ses grandes peintures et performances provocatrices, fusionnant peinture corporelle et motifs iconiques.
Kusama a également exploré d’autres voies créatives, lançant une ligne de vêtements, fondant une « Église de l’auto-anéantissement » et s’auto-proclamant « Grande Prêtresse des pois » pour célébrer l’amour et l’égalité.
Un retrait volontaire et l’héritage des créations
Dans les années 1970, Kusama a fait le choix de s’hospitaliser elle-même dans un établissement psychiatrique à Tokyo, où elle a continué à créer jusqu’à la fin de sa vie. Ses sculptures, notamment ses célèbres citrouilles, ainsi que ses « infinity rooms » et installations immersives ont captivé des publics du monde entier, se vendant pour des millions de dollars.
Les « visions et hallucinations » de son enfance ont nourri son style unique, ancré dans une philosophie artistique dénommée auto-anéantissement, caractérisée par des motifs répétitifs. « Elle a élaboré une philosophie artistique qu’elle a baptisée auto-anéantissement, fondée sur des motifs simples de répétition obsessionnelle et de prolifération », précise son site internet.
Sources AFP