Wicked – La fée électricité est-elle vraiment une sorcière ?

Wicked – La fée électricité est-elle vraiment une sorcière ?

26.03.2026 19:37
3 min de lecture

« Elle est le progrès, la poésie des humbles et des riches ; elle prodigue l’illumination ; elle est le grand Signal. » Paul Morand

Longtemps considérée comme un emblème de progrès et de libération, l’électricité s’est imposée comme un socle indiscutable de nos sociétés contemporaines. Cependant, avec l’augmentation de notre dépendance à cette ressource, un questionnement émerge : et si cette “fée” salvatrice était aussi un redoutable instrument de contrôle et d’affaiblissement collectif ? Cet article propose une réflexion critique sur le modèle énergétique devenu omniprésent à l’ère du tout électrique, rapporte TopTribune.

Rédigé par Yves Laisné, docteur en droit et auteur de La face cachée de l’exception française (Valeurs Ajoutées Éditions)

Apparue au début du XXe siècle, l’expression « la fée électricité » illustre l’enthousiasme suscité par cette nouvelle source d’énergie, notamment dans le domaine de l’éclairage et des premières télécommunications. Aujourd’hui, l’électricité, qui se définit comme une énergie secondaire, inondant tous les secteurs de la vie économique et sociale, tend à supplanter d’autres formes d’énergie. Elle a déjà pris la place de la vapeur et des moteurs à combustion interne dans les transports, tout en devenant indispensable aux télécommunications qu’elle monopolise. En outre, elle illumine nos vies, nous permettant d’ignorer les cycles jour/nuit, et joue un rôle prépondérant dans la numérisation de l’information, remplaçant les supports imprimés.

Sa flexibilité lui permet de convertir diverses sources d’énergie primaire : éolienne, solaire, hydraulique, géothermique et même d’anciens combustibles fossiles comme le charbon et le pétrole. L’électricité est quasi-magique, bien qu’elle présente un inconvénient majeur : son impossibilité à être stockée facilement, un défi technologique en cours de résolution.

L’électricité, par sa nature fluide, pénètre tous les domaines de la vie moderne. Prenons l’exemple des systèmes de chauffage central, qui dépendent désormais tous de l’électricité, abandonnant les procédés thermodynamiques traditionnels moins énergivores mais plus complexes.

L’omniprésence de l’électricité dans les sociétés occidentales a induit des effets profonds et multiples. Si l’on envisage un monde sans électricité, il est facile de comprendre que les gratte-ciel deviendraient inhabitables et que la majorité des bureaux seraient inopérants. La conservation des aliments, comme au XIXe siècle, deviendrait obsolète, car la dépendance aux réfrigérateurs se serait généralisée. Des scénarios apocalyptiques au cinéma imaginent les conséquences d’une panne électrique généralisée, un sujet qui, bien que fictif, pourrait trouver écho dans des recommandations gouvernementales exhortant les citoyens à envisager une telle éventualité.

L’imbrication de l’électricité dans l’économie est telle que sa disparition entraînerait une paralysie totale des transactions financières : l’absence d’électricité signifierait l’impossibilité des virements bancaires, l’inaccessibilité aux distributeurs automatiques de billets et l’impossibilité de tout paiement électronique. En conséquence, les économies modernes s’avéreraient totalement vulnérables.

Désormais essentielle à la vie sociale, l’électricité est perçue par ceux qui détiennent le pouvoir comme un outil de contrôle social efficace. Pour illustrer, si l’électricité venait à être coupée dans un foyer, c’est l’ensemble des commodités modernes qui disparaîtrait : chauffage, eau chaude, alimentation en eau courante, éclairage, communications, et ainsi de suite. La dépendance à cette ressource pourrait devenir une forme de domination, rendant la vie des individus bien plus compliquée qu’au XIXe siècle, à une époque où on vivait sans cette interconnexion.

Prenons un autre exemple : les véhicules électriques, souvent promus comme l’avenir de la mobilité, sont eux-aussi soumis au même contrôle. Ils peuvent être géolocalisés, désactivés à distance, voire immobiliser leurs passagers en cas de défaillance technique ou d’intervention externe. L’électronique remplace aussi la correspondance traditionnelle : grâce au numérique, les échanges privés peuvent être surveillés sans grandes manœuvres physiques.

Alors que le modèle « tout électrique » fragilise notre civilisation, la tendance à augmenter notre dépendance à ces systèmes énergétiques soulève des interrogations. Envisageons un univers dystopique où certains groupes, fuyant des persécutions, utilisent un SUV traditionnel pour échapper à un contrôle autoritaire. Si ces fugitifs se fient à un véhicule électrique, leur sort pourrait s’inverser, stoppés par la technologie, ne pouvant douer de leur mobilité en un instant. Ce scénario illustre les dangers d’une société excessivement dépendante de l’électricité, une « fée » qui pourrait bien se révéler être une sorcière.

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