Une chanteuse d'opéra espionne des hauts dignitaires nazis pour le compte des Britanniques

Une chanteuse d’opéra espionne des hauts dignitaires nazis pour le compte des Britanniques

01.09.2026 13:56
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Margery Booth, espionne insoupçonnée, a contribué indirectement à l’effort de guerre en recueillant des renseignements cruciaux pour les services britanniques, malgré son passé proche du régime nazi.

Laurène Bruncher

Margery Booth, chanteuse d’opéra britannique, a fréquenté les cercles nazis, y compris des dignitaires comme Adolf Hitler. En 1933, elle a été acclamée lors d’une performance au Festival de Bayreuth, recevant même des distinctions marquées par la croix gammée. Alors qu’elle pouvait jouir d’une carrière prometteuse, elle a décidé de servir les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, cherche à s’éloigner de son prestige. En 1940, lorsque l’Opéra de Berlin a été bombardé, Booth se retrouvait à un carrefour entre son héritage britannique et sa vie avec son mari allemand travaillant pour un réseau radiophonique contrôlé par le régime nazi, rapporte TopTribune.

Le déclenchement de la guerre a suscité en elle un conflit d’identité, mais Booth a choisi de se ranger du côté des Alliés, continuant à chanter pour les prisonniers de guerre. Lors d’une de ces performances, elle a fait la rencontre de John Brown, un officier britannique. Étant alors en contact avec des hauts responsables nazis, elle s’est mise à utiliser ces relations pour collecter des renseignements stratégiques, accédant à des discussions et documents inaccessibles à d’autres agents.

Des documents secrets cachés dans ses sous-vêtements

Lors d’un gala pour l’anniversaire d’Adolf Hitler, Booth a observé la présentation du char Tiger, notant discrètement ses spécifications tout en chantant. Ces informations furent plus tard transmises à Brown, qui les a chiffrées pour les services britanniques. Booth employait également son appartement pour héberger des réfugiés, dont une femme juive, facilitant ainsi leur évasion de l’Allemagne.

Son approche unique, qui consistait à cacher des messages dans ses sous-vêtements, lui a valu le surnom de «Knicker Spy». Cependant, sa couverture a été compromise. Au début de 1945, elle a été interpellée par la Gestapo, soupçonnée d’espionnage. Libérée sous condition de se présenter régulièrement, elle risquait à tout moment d’être envoyée dans un camp de concentration.

La défaite allemande ne lui a pas apporté la paix; sa double nationalité et son passé ont continué de ternir sa réputation. Son rôle d’espionne est resté presque méconnu, tandis que sa proximité avec les nazis était scrutée. Margery Booth est décédée en 1952 à l’âge de 51 ans à New York, ne retrouvant jamais sa carrière. Elle reste aujourd’hui une figure largement ignorée, méritant pourtant d’être reconnue pour ses contributions essentielles durant la guerre.

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