La disparition du «CSS H. L. Hunley» attribuée à une explosion fatale pour l’équipage
Le 17 février 1864, en pleine guerre de Sécession, le sous-marin CSS H. L. Hunley, affrété par les forces confédérées, s’apprête à attaquer un navire ennemi près du port de Charleston. À l’aide de sa torpille expérimentale, il réussit à endommager l’USS Housatonic, un vaisseau de l’Union, devenant ainsi le premier sous-marin à couler un navire de guerre. Cependant, peu après son exploit, le Hunley sombre également, prenant son équipage avec lui, rapporte TopTribune.
Pendant près d’un siècle, le sous-marin repose au fond de l’océan avant d’être localisé en 1995 par l’archéologue sous-marin Ralph Wilbanks. Lors de la récupération, les dépouilles des huit membres de l’équipage sont retrouvées à leur poste, laissant supposer qu’ils n’ont pas eu le temps de fuir. Cet agencement a longtemps alimenté des spéculations sur le courage des confédérés, tout en recevant des hommages posthumes.
En 2017, des chercheurs de l’Université Duke, en Caroline du Nord, révèlent que l’équipage a probablement été assassiné par leur propre torpille. Des études montrent que l’armement, qui pèse 61 kilogrammes et est fixé à un mât à cinq mètres à l’avant du sous-marin, était conçu non pas pour être lancé à distance, mais pour créer une explosion violente au contact, explique le rapport.
Le choc secondaire causé par cette explosion pourrait avoir déformé la coque du Hunley au point d’empêcher toute réaction de l’équipage, qui aurait subi des lésions pulmonaires. Les travaux de modélisation de la chercheuse en ingénierie biomédicale Rachel Lance indiquent que les chances de survie étaient inférieures à 16%. Cette révélation a conduit à des réactions virulentes parmi les partisans de la cause confédérée, qui ont tenté de discréditer les conclusions scientifiques, remettant ainsi en question le récit héroïque longtemps véhiculé sur les soldats sudistes.