Une alimentation équilibrée, nouvelle arme de prévention du cancer du poumon
En 2023, le cancer du poumon a touché 33 438 hommes et 19 339 femmes, étant la première cause de mortalité par cancer en France. Le tabac est responsable de huit cas sur dix et multiplie par dix à quinze le risque de développer la maladie. D’autres facteurs contribuent à cette situation, tels que l’exposition au radon, à l’amiante et à la pollution atmosphérique, rapporte TopTribune.
Selon une étude publiée en 2025 dans la revue Nature Metabolism, une mauvaise alimentation pourrait également accroître le risque de cancer du poumon. « Traditionnellement, le cancer du poumon n’est pas considéré comme une maladie liée à l’alimentation, » explique Ramon Sun, Ph.D., professeur associé et directeur du UF Center for Advanced Spatial Biomolecule Research (Université de Floride, États-Unis). « C’est le cas pour des maladies comme le cancer du pancréas ou du foie, certes. En revanche, s’agissant du cancer du poumon, l’idée qu’une alimentation inadaptée puisse jouer un rôle est rarement évoquée. »
C’est cette hypothèse qu’a souhaité explorer Ramon Sun et son équipe, en se concentrant sur l’adénocarcinome pulmonaire, forme représentant 40 % des diagnostics de cancer du poumon dans le monde. Ils ont particulièrement étudié le glycogène, normalement trouvé en quantités élevées dans plusieurs cancers. Le glycogène est la forme sous laquelle notre organisme stocke l’excès de glucose, source d’énergie pour les cellules.
Pour leurs recherches, les scientifiques ont utilisé une technique d’imagerie qui permet de cartographier les molécules présentes dans les tissus, y compris la détection de l’accumulation de glycogène dans les tumeurs. Ces travaux, publiés en mars 2025, s’inscrivent dans des recherches menées depuis vingt ans par Matthew Gentry et Ramon Sun sur la maladie de Lafora, une maladie génétique provoquant une accumulation anormale de glycogène dans les cellules, entraînant de graves troubles neurologiques.
Les chercheurs ont démontré, sur un modèle murin, que le glycogène agit comme un métabolite oncogénique. Plus le contenu en glycogène est élevé dans les cellules cancéreuses, plus la croissance tumorale est importante et agressive. L’accumulation de glycogène s’est avérée corrélée à un grade tumoral plus élevé et à un pronostic défavorable. « Lorsque des souris ont été soumises à un ‘régime occidental’ riche en graisses et en fructose – favorisant une augmentation du taux de glycogène sanguin -, des tumeurs pulmonaires se sont développées. À l’inverse, une baisse de ce taux s’est accompagnée d’un ralentissement de la croissance tumorale », rapportent les auteurs dans un communiqué. En résumé, le régime occidental augmente le taux de glycogène, fournissant ainsi l’énergie nécessaire à la prolifération du cancer du poumon.
Le glycogène apparaît comme un « indicateur exceptionnellement fiable » de la croissance tumorale et de la mortalité chez les patients atteints d’un cancer du poumon, souligne Ramon Sun. « Privilégier une alimentation riche en nutriments, maintenir un mode de vie actif et limiter la consommation d’alcool sont des stratégies fondamentales pour une santé durable, » ajoute Matthew Gentry, Ph.D., collaborateur de l’étude et professeur à la faculté de médecine de l’UF. Adopter de meilleures habitudes alimentaires pourrait constituer un levier puissant dans la prévention du cancer du poumon.