Un pays européen met fin au changement d'heure en 2026 : la France relance le débat

Un pays européen met fin au changement d’heure en 2026 : la France relance le débat

15.09.2026 08:36
3 min de lecture

Le 16 juillet 2024, la Rada ukrainienne a voté pour la loi n° 4201 relative au calcul du temps, avec 261 députés soutenant l’élimination du changement d’heure saisonnier. Ce texte prévoit une dernière transition à l’automne, après quoi le pays sera définitivement fixé à l’heure d’hiver, l’UTC+2, également connue sous le nom d’heure normale ou d’heure d’Europe centrale, tout au long de l’année, rapporte TopTribune.

Cependant, cette loi n’a pas encore pris effet. Son application dépend de la signature du président Volodymyr Zelensky, qui n’a pour l’instant ni approuvé ni rejeté officiellement le texte, comme le rapporte le magazine Marie France. En conséquence, les calendriers prévoient encore deux changements d’heure en Ukraine pour 2026. À l’instar des Français, les Ukrainiens continueront donc à régler leurs horloges au printemps et à les reculer en automne, dans l’attente d’un feu vert présidentiel qui semble se faire désirer.

Les législateurs ayant proposé cette loi avancent en premier lieu un problème de santé publique. Une étude relayée par Interfax indique que le changement d’heure perturbe le rythme biologique, entraîne fatigue et baisse de productivité, et augmente le risque de développer des maladies chroniques.

En outre, la loi 4201 revêt également une dimension géopolitique. Avant 2024, l’heure d’été plaçait Kiev à la même longitude que Moscou. En optant pour une heure d’hiver permanente, l’Ukraine, engagée dans un conflit avec la Russie depuis 2022, cherche à se dissocier de son voisin et à établir un fuseau horaire propre à la capitale, Kyiv.

Un dossier bloqué à Bruxelles

Ce sujet n’est pas nouveau à l’échelle européenne. En 2018, une consultation citoyenne européenne avait montré que 84 % des participants étaient favorables à l’abolition des changements d’heure. L’année suivante, le Parlement européen adoptait une résolution pour mettre fin à ce dispositif, laissant chaque État libre de choisir entre l’heure d’été ou l’heure d’hiver permanente.

Néanmoins, le Conseil de l’UE n’a jamais donné son feu vert, craignant un patchwork d’horaires entre les différents pays membres. Ainsi, la réforme est restée dans l’impasse.

La France n’y échappe pas. Une consultation citoyenne réalisée en 2019 a révélé que 83,71 % des participants souhaitaient mettre fin au changement d’heure, dont 59,17 % désiraient adopter l’heure d’été toute l’année. De plus, un sondage plus récent mené en 2025 montre que près de 70 % des Français sont en faveur de l’abolition de cette pratique.

En attendant une décision éventuelle, le pays continue de se conformer aux règles communes : le passage à l’heure d’été est prévu pour la nuit du samedi 28 au dimanche 29 mars 2026, à 2 heures il sera 3 heures, suivi d’un retour à l’heure d’hiver dans la nuit du 25 au 26 octobre 2026.

Le changement d’heure a été introduit en France suite à la crise pétrolière de 1973 dans le but d’économiser l’éclairage. En 2026, cette pratique demeure encadrée par une directive européenne fixant les dates de transition au dernier dimanche de mars et au dernier dimanche d’octobre. Cependant, les avantages énergétiques qu’elle procure sont désormais jugés négligeables, alors que les inconvénients, tels que le dérangement du sommeil, l’augmentation des accidents routiers et le stress dans le secteur agricole, sont régulièrement soulignés.

Aucun pays membre de l’Union européenne n’a encore osé quitter ce système, de peur de désynchroniser les transports, les échanges économiques et le quotidien avec ses voisins. En dehors de l’UE, des pays comme l’Islande, le Groenland, l’Égypte et la Turquie ont déjà abandonné cette pratique depuis plusieurs années. Si la loi ukrainienne devait un jour entrer en vigueur, Kiev deviendrait un cas d’école unique en Europe.

Pour l’instant, l’attente concernant la signature présidentielle se prolonge. À quelques semaines du prochain changement d’heure en Europe de l’Ouest, la question reste également en suspens en Allemagne, où un sondage YouGov indique que près de 75 % des habitants souhaitent abolir ce dispositif, sans qu’aucune décision officielle n’ait pour l’heure été prise.

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