Un nouvel impôt aux répercussions majeures pour l'économie française

Un nouvel impôt aux répercussions majeures pour l’économie française

02.11.2026 10:37
4 min de lecture

Une nouvelle taxe sur les holdings : une menace pour l’économie française

Récemment, une nouvelle taxe concernant les holdings a été adoptée sous le prétexte de promouvoir la justice fiscale. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, elle ne cible pas uniquement les « riches », mais plutôt les entrepreneurs qui contribuent à la création de richesse et soutiennent les finances publiques à travers la création d’emplois et le paiement de l’impôt sur les sociétés, rapporte TopTribune.

À l’approche de chaque automne, une tradition bien établie se répète : chaque budget présente un volet législatif qui vise ceux qui sont étiquetés comme « les riches ». Chacune de ces mesures, prise isolément, peut sembler inoffensive. Cependant, cumulées, elles révèlent une politique fiscale nuisible, visant à affaiblir un pays qui se retrouve en crise à cause de l’incompétence et de la démagogie des dirigeants. Les députés Jean Paul Mattei et Charles de Courson, bien que revendiquant une position centriste, ont en réalité été élus grâce aux voix de la gauche, se positionnant comme des défenseurs de leur siège plutôt que comme protecteurs de l’économie française.

Ce nouveau dispositif a été voté le 28 octobre par l’Assemblée nationale, en dépit de l’opposition du gouvernement. L’amendement I-3807, qui s’applique au budget 2027, élargit l’application de la taxe sur les holdings patrimoniales pour inclure leurs liquidités et placements financiers, avec une imposition de 2 % par an, à partir de fin 2027. Bien que présenté comme une manière de réinjecter dans l’économie de l’argent que l’on disait « dormir », son effet réel risque d’être de priver la France d’une part essentielle de sa dynamique économique.

Le prétexte de la taxation : les « riches »

L’utilisation du terme « holding » est habile. Elle permet de parler d’entreprises tout en évitant de mentionner ceux qui les dirigent. Ce mot d’ordre suscite une connotation négative et devient populaire avant même que le texte ne soit intégré dans le débat public. Toutefois, cette perception est trompeuse.

En réalité, une holding est une entreprise qui détient d’autres sociétés. C’est un outil essentiel pour le boulanger qui souhaite ouvrir une nouvelle boucherie, ou pour l’industriel qui acquiert un sous-traitant. Dans ces structures se prennent les décisions stratégiques concernant les investissements et l’embauche. En s’attaquant aux « riches », ce texte impacte à la fois la prise de décisions et la gestion quotidienne de nombreuses petites et moyennes entreprises (PME). Les discours louant les entrepreneurs ne se traduisent pas en actions fiscales qui les soutiennent.

Ce que l’on taxe réellement : la prudence

Les liquidités d’une holding ne représentent pas une réserve inactive mais une forme de protection. Lorsque des imprévus surviennent — qu’il s’agisse d’un client qui ne paie pas, d’un projet en difficultés, ou de restrictions de financement — ces fonds servent d’amortisseur. Taxer les liquidités d’une entreprise, c’est lui reprocher de prendre des précautions pour éviter une situation de crise.

Cela représente aussi une contrainte à l’investissement. Comme les bonnes acquisitions dépendent non seulement du moment mais de la sélection des cibles et des prix, le cadre législatif proposé n’incite pas à des investissements réfléchis. Bien qu’il existe certaines exemptions, la pression exercée sur les dirigeants de prendre des décisions précipitées sur les investissements pourrait nuire à la santé à long terme de leur entreprise. Alors que Jean Paul Mattei s’inquiète surtout de se faire réélire, l’économie exige une gestion des capitaux bien réfléchie et maitrisée.

Taxer le capital plutôt que les bénéfices

Ce nouveau prélèvement ne se base pas sur des bénéfices réalisés, mais sur un stock d’actifs. Ainsi, même pendant les périodes poussant à la perte, les entreprises devront s’acquitter d’une taxe ayant un impact sur leur trésorerie. À titre d’exemple, pour un montant d’actifs taxables de 10 millions d’euros, une somme de 200 000 euros ne pourra pas être évitée, indépendamment de la situation financière de l’entreprise. Les liquidités ne génèrent pas d’impôts tant qu’elles ne sont pas converties, obligeant ainsi les sociétés à vendre ou à emprunter pour honorer leurs obligations fiscales.

Les groupes familiaux, souvent à l’origine de la reprise des PME locales, seront les premiers à souffrir de cette mesure. Ayant tendance à penser à long terme, ces entreprises risquent d’être découragées, alors que la France lutte déjà chaque année pour maintenir ses PME sous pavillon national.

Les dangers à long terme

Bien que ces textes ne constituent pas une menace immédiate, chacun d’eux s’ajoute à une série de mesures cumulatives. L’an dernier, la taxation des biens de luxe détenus par les holdings a été introduite. À cela s’ajoutent des modifications des régimes d’imposition sur les plus-values, ainsi que le nouvel impôt sur la trésorerie. Chaque mesure, bien que présentée comme ciblée, s’accumule et constitue une menace pour l’économie globale.

Les entrepreneurs sont prêts à payer des impôts, ce qui les dérange réellement, c’est l’incertitude constante et le risque de nouvelles charges fiscales sur chaque euro économisé. Avec le temps, la question ne sera plus de savoir quel projet entreprendre, mais plutôt où il serait plus judicieux de le faire, et si la France peut encore offrir un environnement favorable.

L’État qui se saborde

Le paradoxe est troublant. La France prélève déjà 43,6 % de sa richesse nationale en impôts, atteignant l’un des taux les plus élevés de l’OCDE. Avec un niveau de dépenses publiques à 57,2 % du PIB et une dette dépassant 119 % en 2026, les mesures fiscales semblent peu efficaces. Le gouvernement ne doit pas seulement revoir les recettes fiscales, mais aussi s’attaquer à la gestion de l’argent public.

Les bénéfices déjà imposés au sein des holdings peuvent générer de nouvelles valeurs ajoutées si réinvestis, créant des emplois et générant de nouveaux impôts. En effet, prélevés, ils engendrent une perte de potentiel économique et s’évaporent dans un système où l’efficacité laisse à désirer.

Un appel à la réflexion

Ce texte, prétendant frapper les « riches », décourage en réalité la prudence, fragilise le capital familial, et nuit aux investissements futurs. Un pays ne peut prospérer en taxant ce qui le fait vivre. Pour relancer l’économie, il faut optimiser les dépenses et laisser place à l’initiative des investisseurs. La puissance d’une nation dépend stricto sensu de la richesse créée par ses entreprises.

La navette parlementaire représente une occasion d’agir. Saisissons cette chance avant que la somme de ces mesures néfastes ne se traduise par un appauvrissement généralisé.

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