Un coureur de l'Ariège raconte ses hallucinations lors de la Diagonale des Fous à La Réunion

Un coureur de l’Ariège raconte ses hallucinations lors de la Diagonale des Fous à La Réunion

29.10.2026 13:07
2 min de lecture

Corentin Meler, 37 ans, a achevé la Diagonale des Fous à La Réunion, du 15 au 18 octobre 2026, après 57 heures de course, surmontant une infection au genou survenue sept mois avant l’épreuve qui l’a amené à parcourir 180 km et 10 200 m de dénivelé. Éreinté et en proie à des hallucinations, il évoque déjà de nouveaux défis, rapporte TopTribune.

« La Diagonale des Fous, elle peut se raconter, mais elle se vit avant tout. » Corentin Meler, originaire de Foix, se remémore son parcours qui a commencé il y a quatre ans lorsqu’il arbitrait des matchs de rugby en Occitanie. Son meilleur ami lui a lancé un pari en lui demandant s’il pouvait l’accompagner pour soutenir son épouse lors des 60 km du Grand Raid des Pyrénées. Poussé par ce défi, il se met en tête de terminer ce trail mythique.

La course de l’édition 2026 a eu lieu entre le jeudi 15 et le dimanche 18 octobre, et Meler a terminé en 57 heures, 16 minutes et 36 secondes, en compagnie de neuf autres ariégeois. Ce marathon, il le qualifie de plus difficile de sa vie. « À la fin, nous nous disons que nous ne le referons jamais. Trois ou quatre jours après, on y réfléchit. Aujourd’hui, je suis sûr que je ne la referai pas, mais j’en ferai d’autres. »

Une infection au genou due à un accident de terrain à sept mois du départ

Pour Corentin, la préparation à cette épreuve n’était pas une première. S’adaptant en conséquence, il se prépare intensément et remplit les critères de qualification en 2025, avec l’objectif de se focaliser sur la Diagonale en 2026. Cependant, en mars, un accident sur le terrain lui coûte une infection bactérienne au genou. « J’ai failli perdre ma jambe à sept mois de la Diagonale. » Heureusement, il parvient à reprendre l’entraînement quelques mois plus tard, alors qu’un autre aurait pu être contraint à l’immobilisation. « J’aurais dû arrêter ma carrière à ce moment-là. Mais j’ai assumé ma sortie. Plutôt que de la subir, j’ai voulu la choisir. J’ai eu de la chance de pouvoir le faire. »

Le premier jour de la course, Corentin retrouve Emmanuelle, la femme de son meilleur ami, et décide de la rattraper. « J’ai mis un kilomètre à le faire. Ensuite, nous nous sommes calés. Nous l’avons finie ensemble. »

Il ne reconnaît pas sa femme après s’être évanoui

Ce défi ne fait que commencer, car dès lors, Corentin s’engage dans un parcours qu’il décrit comme un véritable calvaire. « À La Réunion, il y a 120 microclimats différents. Au départ, tout s’est très bien passé. Les conditions ont rapidement évolué pour devenir infâmes. » Avec une pluie intense et de la boue sur 25 km, il aborde une montée de 13 km qu’il qualifie d’interminable. Dans le cirque de Mafate, il prend conscience qu’il doit s’auto-évacuer en cas de besoin, car les secours ne viennent qu’en cas de blessures graves.

La météo capricieuse et les difficultés du parcours sapent ses forces et le conduisent à des hallucinations. « Les cailloux se transforment en tortues, » témoigne-t-il. Lors d’une pause ravitaillement, il s’évanouit, tombant devant ses amis. « Mon meilleur ami m’a rattrapé. Ils m’ont enroulé dans une couverture de survie et ont appelé ma femme. » Empêchée de se rendre sur place avec leur nourrisson de six mois, celle-ci avait glissé des mots d’encouragement dans ses affaires. « Je ne l’ai pas reconnue. C’est là qu’on se rend compte que le manque de sommeil est la plus grande des tortures. » Au total, il n’a dormi que 20 minutes durant ces trois jours de course.

Des limites encore à repousser ?

Malgré ces épreuves, Corentin persiste et, après l’épreuve, le groupe d’amis profite de vacances, enchaînant randonnées et diverses activités. « Je n’avais aucune douleur autre que celle de mon genou. » Dix jours après l’événement, il s’interroge sur ses limites : les a-t-il franchies ou peut-il aller encore plus loin ? Si un repos s’impose, il ne compte pas se détourner des trails, avec un nouvel objectif potentiel à l’horizon : non pas une nouvelle Diagonale des Fous, mais le parcours de 224 km reliant Le Lioran-Cantal à Volvic.

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