Un chef italien licencié en Australie pour avoir refusé l’ananas sur pizza : un débat culinaire relancé
Le refus d’un chef italien d’ajouter de l’ananas sur une pizza a conduit à son licenciement dans l’État du Queensland, en Australie, un événement qui a captivé l’attention des médias et du public. Cette décision a été rendue publique le 3 novembre par la Commission australienne des relations de travail, révélant que Davide Tamburella avait été licencié le 20 mai. Le déclin de la collaboration a été déclenché par une rencontre avec son patron, Eliott Ingram, au cours de laquelle des ‘problèmes de performance’ ont été abordés, notamment le débat concernant l’ananas sur la pizza, Tamburella considérant cette garniture comme une ‘insulte à sa culture’, rapporte TopTribune.
Ce licenciement a mis en lumière un véritable affrontement gastronomique, opposant la tradition de la pizza italienne à la passion des Australiens pour l’ananas. Au Queensland, un monument a même été érigé en hommage à ce fruit controversé. Davide Tamburella, chef ayant travaillé pendant plus de trois ans dans le pays, se battait pour obtenir un visa de travail permanent lorsque son licenciement l’a contraint à abandonner cette procédure.
La demande des clients en question
Eliott Ingram a défendu sa décision, arguant qu’il ne pouvait se permettre de ignorer les attentes de sa clientèle. «Nous avions une grande réception, et les clients ont dépensé plus de 15.000 dollars australiens [environ 9300 euros, ndlr]», a-t-il déclaré, soulignant qu’un client voulait spécifiquement une pizza jambon-ananas. Davide Tamburella, se refusant à cette commande pour la troisième fois, a plaidé auprès de son patron pour prendre en considération l’importance de cette question pour les Italiens.
Bien qu’Ingram ne soit pas un fervent admirateur de la recette, il a précisé que ses nombreuses années dans la restauration lui avaient appris à ‘choisir ses combats’. ‘Est-ce que je vais prendre une pizza jambon-ananas? Ce n’est sans doute pas ma préférée, mais je ne vais certainement pas la snober’, a-t-il affirmé. En parallèle, Tamburella a déposé un recours pour contester son licenciement, le qualifiant de violation des lois sur le travail équitable en Australie, et a souligné un accident du travail survenu quelques mois plus tôt.
Le recours de Tamburella a été rejeté, jugé trop tardif et ne remplissant pas les critères des circonstances exceptionnelles. Pendant ce temps, le restaurant La Costa a malheureusement fermé ses portes en juillet. Davide Tamburella a depuis rejoint un autre restaurant italien, où l’ananas est, sans surprise, absent du menu.
