Depuis plusieurs mois, de nombreuses « vidéos de la mort » circulent sur les réseaux sociaux, dévoilant les derniers instants de soldats russes capturés par des drones ukrainiens avant l’explosion de ces derniers, rapporte TopTribune.
Ces vidéos, au nombre de centaines, se terminent toutes de la même manière : par la mort. Depuis un an et demi, des drones ukrainiens filment en direct les derniers moments des soldats russes, peu avant que ces engins ne les atteignent. Appelées « yoblyks », une combinaison du mot ukrainien pour « baiser » et d’un diminutif affectueux, ces vidéos proviennent essentiellement de l’unité ukrainienne de la 414e brigade d’aviation de Brovdi.
Le quotidien britannique The Guardian a mené une enquête sur cette pratique troublante et a recueilli des témoignages d’agents impliqués dans la création de ces montages vidéo. Capturées par des drones kamikazes, ces séquences inondent les réseaux sociaux, montrant des engins survolant les zones de combat avant de cibler leurs victimes. Les soldats russes, souvent pris au dépourvu, aperçoivent parfois le drone à la dernière seconde, terrifiés par son approche, avant qu’il n’explose. Certaines vidéos s’arrêtent juste avant l’explosion, mais d’autres révèlent des images sinistres de corps mutilés et sans vie.
« Un aller simple vers la mort »
La production de ces vidéos est orchestrée par Robert Brovdi, chef des forces de drones ukrainiennes et fondateur de « Magyar’s Birds ». Cette unité semble fonctionner avec une efficacité redoutable, supervisant chaque matin un monteur militaire qui sélectionne des extraits des combats enregistrés la veille pour créer une compilation d’environ deux minutes, souvent accompagnée d’une musique entraînante. Des versions plus longues, regroupées sous la rubrique « Yoblyks de la semaine », sont également disponibles en ligne.
Les membres des « Oiseaux de Magyar » estiment que ces vidéos jouent un rôle essentiel dans la démoralisation des citoyens russes. « Nous voulons leur faire comprendre que s’ils se mobilisent en Ukraine, ils seront tués, que c’est un aller simple vers la mort », déclare l’un d’eux. « Je ne peux pas éprouver de compassion pour eux. C’est la guerre, après tout, ce n’est pas un film. »
Riposter face à l’ennemi
Ces vidéos macabres attirent un large public, non seulement en Ukraine, mais également en Russie. En réponse à la douleur des familles de soldats russes, des soldats ukrainiens identifient ces hommes puis publient des vidéos de leur mort. Selon les Oiseaux de Magyar, cette approche vise à démontrer qu’ils « prospèrent et ripostent face à l’ennemi ».
Les vidéos incitent aussi à la vérification des pertes russes, qui s’élèveraient à plus de 30 000 soldats blessés ou tués par mois, selon des sources à Kiev. Avec la fermeture du réseau internet Starlink par Elon Musk, la communication sur le terrain devient problématique. Dans toutes les guerres, l’image joue un rôle crucial, et cette manière de documenter est parmi les plus cruelles. En temps de guerre, tout semble permis.