Tirée du départ des troupes américaines, l'Irak face à un avenir incertain sous l'influence iranienne

Tirée du départ des troupes américaines, l’Irak face à un avenir incertain sous l’influence iranienne

03.10.2026 06:26
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Retrait des soldats américains : un héritage désastreux pour l’Irak

Les derniers soldats américains ont quitté l’Irak le 30 septembre 2025, 23 ans après l’invasion. Ce départ laisse derrière lui un pays dévasté, marqué par des milices pro-iraniennes qui exercent un contrôle croissant sur l’État irakien, selon les analyses de Myriam Benraad, politologue spécialiste de la région, rapportent TopTribune.

Depuis l’invasion de 2003, l’Irak a connu une reconstruction difficile. Myriam Benraad souligne que, en s’attaquant à la dictature de Saddam Hussein, les États-Unis ont également contribué à la désintégration de l’État irakien. « Ils ont voulu appliquer une thérapie de choc, semblable à celle utilisée après la Seconde Guerre mondiale en Allemagne, mais cela n’a pas fonctionné », a-t-elle déclaré. L’issue de cette intervention a été une augmentation du chômage, où de nombreux fonctionnaires ont rejoint les rangs de l’insurrection armée, tandis que les ambitions de construire un État stable demeurent inaccessibles.

Avant l’invasion, l’Irak était déjà en détresse, ayant été ravagé par des conflits antérieurs et des sanctions internationales. La situation s’est dégradée, avec l’émergence du terrorisme djihadiste qui a exacerbé l’insécurité. « Les populations qui espéraient une libération se sont retrouvées confrontées à des attentats quotidiens et à l’assaut de Daech », rappelle Benraad.

Aujourd’hui, les Irakiens vivent dans la précarité, avec une élite qui prospère en détournant les ressources du pays. Des coupures d’électricité fréquentes durant l’été rendent la vie insupportable, alimentant le mécontentement général envers les dirigeants. « La peur prévaut, et beaucoup doutent que l’Irak puisse se relever un jour de cette situation », ajoute-t-elle.

Le retrait des forces américaines n’a pas rétabli l’autorité de l’État irakien, qui reste sous l’influence d’organisations paramilitaires soutenues par l’Iran. « Les milices ont pris le contrôle des armes et d’une partie des revenus de l’État, devenant ainsi un véritable État dans l’État », précise Benraad. Les structures officielles, bien qu’existantes, semblent incapables de s’imposer face à cette hégémonie.

Ainsi, l’Iran maintient une forte présence et influence en Irak, ce qui soulève des préoccupations sur l’avenir du pays. « La domination des milices est un facteur ambivalent, apportant une sécurité illusoire tout en exposant l’Irak à des rivalités régionales », conclut Benraad. Les perspectives d’un avenir meilleur pour l’Irak restent compromises, entre tension interne et ingérence extérieure.

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